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LE MONDE DE LA MUSIQUE

Moins nombreux qu'en 1991, l'autre Année Mozart, les disques consacrés en 2006 à son œuvre d'orgue se révèlent d'une singulière qualité, la palme revenant à cet album d'autant plus passionnant qu'il en propose les grandes pages dans leur version à quatre mains. Sur l'Aubertin de Paris idéalement capté, grave et chatoyant, d'une présence et d'une clarté de chaque instant, Olivier Vernet commence sur la trop rare Intrada et Fugue K.399 : à la splendeur des timbres ne cesseront de répondre vivacité et plénitude du jeu. Adagio für Glasharmonica, inventives et exigeantes Fugues en mi bémol et sol mineur, Choral Ach gott, vom Himmel sieh' darein, diabolique Eine kleine Gigue, deux Versets miniatures : le programme solo est splendide. Tout le reste, avec Cédric Meckler, est à trois ou quatre mains. Même respiration, même toucher, même articulation, impossible de dire qui fait quoi tant l'osmose est parfaite, la virtuosité et la synchronisation sidérantes. L'intérêt premier est de pouvoir restituer à la basse une aisance comparable à celle des autres voix, ce qui est presque impossible aux pieds même les plus ailés (pour preuve le Trio K.443 et sa basse intrépide et haletante), tout en disposant au manuel de trois vastes plans sonores. À l'Andante et Variations K.501, d'une pétillante ductilité (le climat de l'avant-dernière variation, tragique et suspendu, n'en est que plus troublant) fait suite une seconde Fugue en sol mineur (K.401) digne d'un parallèle avec L'Art de la Fugue de Bach – et de nouveau une basse d'une mobilité inaccessible au pédalier. Les pièces majeures confirment l'éclatante réussite de ce Mozart. Si l' Andante K.616, pur chef-d'œuvre d'ombre et de lumière, est prodigieux de délicatesse de timbres et d'affects, les deux Fantaisies en fa mineur sont des sommets de grandeur épique et poétique : la K.608 est la plus vertigineuse et la plus enivrante que l'on puisse rêver – la fulgurante strette finale laisse sans voix. Michel Roubinet, Le Monde de la Musique (octobre 2006)

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DIAPASON

Voici déjà quinze ans, Olivier Vernet, dans une forme toute juvénile, enregistrait à Masevaux cette version des Sonates op.65, peut-être la plus bouillonnante de la discographie. Avec le recul, ce bain de jouvence mérite amplement le Diapason d'Or qu'il n'avait pas obtenu lors de sa première parution, d'autant qu'il nous revient à prix d'ami, au sein d'une intégrale complétée sur le récent instrument parisien de Bernard Aubertin, dans le style d'Allemagne du Nord. Quelques versions primitives de mouvements de sonates nous donnent l'occasion de comparer Olivier Vernet à lui-même. Le choix d'orgues contemporains de style "baroque" apparaît de ce fait guidé, non par des raisons d'histoire ou de musicologie, mais par un idéal technique et sonore de légèreté. Ce qui en ressort n'est pas seulement la continuité de la vision qu'a Vernet de Mendelssohn, mais aussi la permanence de son approche de l'instrument : les tempos allants ; le délié de la main ; le refus, plus systématique aujourd'hui qu'alors, du legato de pédale ; et surtout, le souci d'avancer. Du coup, il peut se faire qu'une pièce plutôt statique, comme la Fugue op.37 n°2, se mette en place dans une certaine instabilité ; que le choix de contraster les deux versions des mouvements de sonates n'évite pas l'arbitraire ; ou que certaines pièces soient touchées un peu à la surface du clavier...bref, tout n'est pas d'égale réussite. Mais l'avers de la médaille, c'est le jaillissement, la vie du toucher, le sentiment de virtuosité, d'urgence. En ouvrant le coffret, goûtez comme mise en bouche le court prélude qui ouvre le deuxième CD : par la souplesse, par l'abandon, par l'animation des voix, cette pièce dont on traduit souvent le chromatisme en une lourdeur terne, retrouve ses élans et sa part de rêve. Un mot sur le bonus : un Songe d'une nuit d'été inattendu, réorchestré sur un orgue de Saint-Louis-en-l'Ile qui, on l'imagine, ferme les yeux et pense à l'Angleterre...Le vent suit, pas toujours le tempérament, mais on ne boudera pas son plaisir, surtout dans l'Ouverture : pour les quinze ans de Ligia Digital, les compères Vernet-Meckler n'ont pas ménagé la crême ! Paul de Louit, Diapason (Juillet/Août 2007)

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AMERICAN RECORD GUIDE

There are quite a few contemporary reports of Mozart’s formidable talents as an organist, yet at no point in his career did he have the professional responsibility of producing a substantial body of compositions for the instrument. The nearest he came was in the Epistle Sonatas (1771-1780) from his time at Salzburg Cathedral. Nearly all of the music on the present program is later than that, dating from the last nine years of his life. There is no denying that they form a collection of oddments, some of them brilliant oddments. The three best-known works here—Adagio & Allegro in F minor (K 594), Andante in F (K 616), and Fantasia in F minor (K 608)—all dating from 1791, were not intended for human performers at all, but for clockwork organ, an instrument Mozart despised. The Intrada & Fugue in C (K 399) was for piano. The Andante & Variations (K 501) was for piano duet. The Adagio (K 356) for glass harmonica has become an organ piece more or less by default, as performances on the intended instrument are so rare. The brief Trio in G (K 443) survives as an unfinished piece notated on three staves with no instrumentation specified. The version heard here was completed by Maximilian Stadler (1748-1833). Readers of my reviews will already know my great admiration for the artistry of Olivier Vernet, both as an organist and as a director of ensembles. The technical polish and interpretive sensitivity of these performances are outstanding. I am somewhat puzzled by the voix humaine registration he uses for the Adagio for glass harmonica. He could certainly have found a registration that sounds more like a glass harmonica than that—and we hear something far more like that curious instrument in the brief Fugue in G minor (K 153) and in the outer sections of K 594. The pieces for clockwork organ are given here in four-hand performances. For the convenience of the cylinder engraver, Mozart notated them on four staves. They are free from the technical constraints of a human performance. These works are most often heard in arrangements for organ solo, but then some subtleties of part writing and ornamentation are inevitably lost. The four-hand versions heard here are more faithful to the originals. I thought the sound of the middle section of K 594 a bit top-heavy and strident without the gravity of 16-foot pedal tone, but there is no lack of 16-foot pitch in the outer sections of K 608, played here at rapid tempo with headlong urgency. Vernet’s partner in the four-hand pieces is Cedric Meckler, who has performed with him on other recordings. Their ensemble playing is extraordinarily tight. The instrument is the 2004 Bernard Aubertin organ in the Church of St Louis en L’ile in Paris. It has three manuals and 51 stops. The tone is delightfully clear and articulate— an admirable match for Mozart’s music. GATENS, American Record Guide (May/June 2011)

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AMERICAN PUBLIC MEDIA

I think that is absolutely marvelous and surely unique, at least in my experience (...) A stroke of genius. Michael Barone, Pipedreams n°1435 (Septembre 2014)

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FONO FORUM

… Aus derselben Schule wie Hakim kommt Olivier Vernet. Zusammen mit Cédric Meckler hat er im luxemburgischen Dudelange eine CD mit vierhändigen Bearbeitungen von Klavier- und Orchesterwerken eingespielt. Die grosse Stahlhuth-Jann Orgel gibt dem ausgesprochen exakt musizierenden Duo eine Fülle von orchestralen und sinfonischen Farben an die Hand, so dass etwa Albéniz‘ „Suite espagnole“ wie eine Re-Instrumentierung wirkt und Piazollas „Libertango“ anfangs von ferne an die Klanglichkeit des Bandoneon erinnert. Die klare Aufnahme gewinnt durch Stereo-Effekte der asymmetrisch aufgeteilten Orgel. Das erstaunlichste Stück ist freilich Maurice Ravels „Boléro“ – weil die abschnurrende Musik sich unter Vernets und Mecklers Händen und Füssen wie selbstverständlich der Orgel fügt, ja in der unerbittlichen Dynamik des Pfeifenklangs noch an Intensität hinzulegt. … Fono Forum (Juillet 2011, Rubrik Showtime. Die Orgel als Sinfonieorchester und als Bandoneon)

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PIANISTE MAESTRO

L’intégrale de l’œuvre d’orgue de Mendelssohn qu’a enregistrée Olivier Vernet reprend et complète sa version des Six Sonates de 1992. Du Prélude en ré majeur dont on admire la tenue (Mendelssohn n’a alors que 11 ans) aux Sonates, véritables sommets de sa production, on suit le parcours et l’évolution d’un compositeur marqué par son admiration pour Bach. Deux orgues ont été utilisés pour cet enregistrement : celui de Saint-Louis-en-L’Ile de Paris, et celui de Saint-Martin de Masevaux (Haut-Rhin), sans que cela nuise à la cohérence. Olivier Vernet défend un Mendelssohn aux tempos plutôt rapides, avec des registres variés, surtout dans les pièces légères. A tout moment, on admire sa maîtrise instrumentale. En complément, il nous offre, en partenariat avec Cédric Meckler, une étonnante transcription de la musique pour le Songe d’une nuit d’été. Les deux compères s’en donnent à cœur joie, les couleurs orchestrales et la fantaisie sont au rendez-vous. Thomas Herreng, Pianiste Magazine (septembre/octobre 2007)

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DIAPASON

La brillante intégrale d’Olivier Vernet (Ligia Digital) permet d’apprécier les multiples facettes de ces œuvres kaléidoscopiques, et même un peu plus, puisque s’y ajoute une captivante transcription pour quatre mains des principaux moments du Songe d’une nuit d’été. Jérôme Bastianelli, Diapason (mars 2009)

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CONCERT CLASSIQUE

« ORCHESTRES EN FÊTE » MET L’ORGUE À L’HONNEUR À LA PHILHARMONIE DE PARIS – UN « MULTIVERS » DE MONDES PARALLÈLES – COMPTE-RENDU (…) Suivirent de larges extraits du Songe d'une nuit d'été d'après la propre version pour piano à quatre mains de Mendelssohn, transposée et instrumentée par Olivier Vernet et Cédric Meckler – ils les ont enregistrés, avec la Marche des Elfes, il y a dix ans déjà à l'orgue Aubertin de Saint-Louis-en-l'Île (le dernier CD en date d'Olivier Vernet sortait officiellement le surlendemain : Sonate de Reubke à l'orgue Ladegast de la Nicolaikirche de Leipzig, la Sonate pour piano étant interprétée par Mūza Rubackytė). Évocation suggestive des timbres de l'orchestre dans la flamboyante Ouverture, du piano aérien, suprêmement délié et fantasque de Mendelssohn dans le Scherzo, rêveusement chambriste dans un Notturno à la noble élégance. Propulsée par un tempo extrême, pour mieux s'identifier à la musique de scène originale, la célébrissime Marche nuptiale, brillante et toute de bravoure, ne laissa toutefois guère au caractère cérémonieusement moqueur de cette marche-parodie le temps d'agir ou de vouloir tromper son monde. (…) Une œuvre hypnotique refermait ce concert, rare occasion de démultiplication des possibilités de jeu de l'instrument en réponse au défi de l'œuvre : le Boléro de Ravel – Shin-Young Lee et Baptiste-Florian Marle-Ouvrard à la console mobile, Olivier Vernet et Cédric Meckler à la console mécanique, avec aux percussions (caisse claire et timbales) Emmanuel Hollebeke et Nicolas Martynciow. Une longue montée de la tension, singulièrement compliquée par la différence de distance entre les deux consoles et l'orgue lui-même, d'où une difficulté redoutable en termes de synchronisation : l'expérience s'en trouva d'autant plus risquée et passionnante, le souffle suspendu… Frisson garanti ! Michel Roubinet, ConcertClassic.com (8 décembre 2017)

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LUXEMBURGER WORT

Hypnotiques inspirations à l’orgue de Dudelange ; Olivier Vernet et Cédric Meckler, un duo friand et rigoureux de l’hispanisme passionnel „Jazz, Pop, Rock inspirations“: c’est sous cette enseigne un rien racoleuse eu égard au lieu sacré où toutes ces danses passionnelles devaient prendre corps que la première manifestation du Cycle automnal des Amis de l’orgue de Dudelange fut annoncée. Quant aux prestations musicales, elles furent d’une tout autre texture : solidement ficelées, fidèlement traduites, parfaitement adaptées à l’idiome de cet orgue. Elles furent assurées par un tandem d’organistes qui pratiqua à merveille le difficile exercice de la respiration commune, de l’écoute mutuelle, et de l’anticipation acoustique, particulièrement délicat à manœuvrer dans ces foucades rythmiques, gavées de levées et de contretemps, de hoquets et de syncopes au point de constituer la quintessence de cette esthétique espagnole de l’imprévu, à la fascination de laquelle il est si difficile de se soustraire. De Falla, Piazzolla, Andrès Laprida ou Pierre Cholley tout comme Ravel regorgeaient de cette acribie saccadée, de cette mise en scène de la mobilité physique, chorégraphiée au millimètre près et qui requérait une digitalité à toute épreuve des organistes, particulièrement dans les pièces à quatre mains. Cet exercice peu ergonomique à la console explique qu’on a pu se gêner aux encoignures pour définir chacun son territoire alors que la restitution sonore nous parvenait avec la sérénité aveuglante de l’évidence méditerranéenne. Contrairement à toute attente, la surenchère du « quatre mains », plutôt que d’opacifier le discours, eut un effet clarificateur, une polyrythmie délicieusement déhanchée quand elle ne se doubla pas d’une savoureuse délimitation de timbre, si fidèle aux saveurs d’accordéon et à la sensualité connotée chez Piazzolla. Sans doute pouvait-on craindre quelque chose d’outrancièrement répétitif dans ces rythmes de tango ou de rumba ainsi que dans certains assemblages sonores faussement sucrés, mais Olivier Vernet sut prendre le virage et orienter le propos vers des musiques plus étoffées, plus savantes peut-être au sens où la matière populaire agit davantage comme un déclencheur d’inspiration, au point que certains auteurs révéleront un art étonnamment élaboré, où la ligne de démarcation entre les sources populaires et d’autres sommets consacrés fut extrêmement ténue, par moments indécelable. Tout ce flux tendit, sans la moindre coupure ni effet de manche, vers le grand hispanophile que fut Maurice Ravel, et son Boléro emblématique, fidèle à son modèle orchestral jusqu’à l’illusion de l’obsédante petite caisse. L’invariable droiture, l’envoûtement ensorceleur, les lancinantes notes répétées, la variation de timbres entêtants, le même motif toujours déchirant mais jamais à l’identique, la transe du tournoiement, l’imparable progressivité d’une houle qui submerge, la lascivité jazzy d’une résistance physique qui s’effrite et toujours cet élan qui rien n’arrête sous l’impitoyable soleil du midi. Étourdissante aventure, et reproductible grâce à l’enregistrement effectué à Dudelange par nos hidalgos de choc chez Ligia Digital. Pierre Gerges, Luxemburger Wort (3 octobre 2013)

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ORGEL NIEUWS.NL

Waar te mijnen huize de medebewoners, als gevolg van de specifieke voorkeur van schrijver dezes, frequent bestookt worden met serieus (liefst diepgravend frans symfonisch) orgelgedaver, zal het u wellicht niet al te zeer verbazen dat de overwegend hupse en frivole klanken die Olivier Vernet en Cedric Meckler in Dudelange aan het orgel ontlokken, een blijde verassing teweeg bracht toen deze uit mijn speakers huppelden. Zachter was eindelijk een keer niet nodig… Omdat de cd van genoemde heren bevorderend heeft gewerkt op de huwelijksharmonie tussen mij als bij wijlen semi-geisoleerde orgelfreak, en mijn wat meer voeling-met-de-realiteit hebbende echtgenote, is dit voor mij de cd van 2011! A.W. Pronk, Capelle aan den IJssel (22 décembre 2011

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CONCERT CLASSIQUE

Olivier Vernet et Cédric Meckler à l'Auditorium de Lyon - ¡ Pasión ! ou l'orgue contemporain à l'heure hispano-latino-américaine – Compte-rendu S'il est un domaine dans lequel, en concert comme au disque, Olivier Vernet n'a cessé de s'illustrer, c'est assurément le « grand répertoire », au sens le plus large qui soit : intégrales Bach, Buxtehude, Couperin, Gade, Grigny, Liszt, Mendelssohn, Mozart, Schumann et bien d'autres encore : en soliste, avec instruments, voix, orchestre – soit plus d'une centaine de CD déjà gravés. Alors qu'il vient de réenregistrer, à presque vingt-cinq ans d'intervalle, le programme baroque de son tout premier disque : Bruhns, Hanff et Kneller – Aubertin de Vichy en 1992, Möller (1738) de Marienmünster, en Rhénanie du Nord-Westphalie, en 2016 –, qu'une intégrale Jehan Alain est sur le métier et qu'il poursuit son cycle Widor, entre autres projets, l'organiste de la cathédrale de Monaco n'en multiplie pas moins avec bonheur les apartés, à la fois respiration bénéfique et témoignage d'un ressourcement singulier, hors sentiers battus, d'un répertoire en continuelle expansion. En témoignent l'ébouriffant Organ Dances de 2005, à l'orgue de Roquevaire : œuvres de Robert Elmore, Porter Heaps, Guy Bovet, Andrès Lapida, Pierre Cholley, Julien Bret et Andreas Willscher, mais aussi, en 2010 et à l'orgue Stahlhuth-Jann de Dudelange (Luxembourg), les albums Jazz, Pop, Rock Inspirations : Hans André Stamm, Michael Schütz, John Rutter, William Albright, Johannes Matthias Michel, Karl Jenkins, John Kuzma et Gunnar Idenstam, et Pasión : Maurice Ravel, Isaac Albéniz, Manuel de Falla, Astor Piazzolla et Pierre Cholley – ce dernier à quatre mains (à l'instar de certains Mozart ou Mendelssohn), avec Cédric Meckler. Le programme du concert proposé à l'Auditorium Maurice Ravel de Lyon le 21 avril empruntait aux albums Organ Dances et Pasión, par la suite déclinés sur les instruments les plus divers, auxquels sont venues s'ajouter des nouveautés à quatre mains, dont deux en création mondiale à Lyon. Hormis quelques transcriptions, le plus souvent d'après les versions pour piano à quatre mains des compositeurs eux-mêmes ou de leurs contemporains, tout ce répertoire apportant un sang nouveau à l'orgue de concert est constitué d'œuvres originales écrites spécifiquement pour l'instrument – certaines pour le duo Vernet-Meckler. Partiellement entendu le 14 février 2016 à l'orgue Cavaillé-Coll–Quoirin de Saint-Clodoald de Saint-Cloud – « une Rolls ! », selon Olivier Vernet à l'issue du concert –, le programme avait infiniment séduit, en dépit (pour ce répertoire) de la position de l'instrument : tribune très haute, nef étroite, pour une image perchée et centrée bien que détaillée. Le concert de Lyon, dans un contexte physique absolument différent, s'annonçait des plus prometteurs, pour ainsi dire en cinémascope : la disposition en largeur et à hauteur d'auditeur de l'orgue de l'Auditorium Maurice Ravel – que nous a présenté Claire Delamarche, sa conservatrice – ne pouvait que servir au mieux ces œuvres d'une extrême complexité rythmique et d'une instrumentation aussi foisonnante que superbement pensée et mise en œuvre. Il est vrai que, tel que relevé en 2013 par Michel Gaillard, l'orgue du Trocadéro puis du Palais de Chaillot – dont la façade géométrique a été globalement reprise à Lyon, bien qu'elle y soit de moindre envergure (dix-huit mètres de large à Chaillot !), sans la magie de la fascinante forêt de tuyaux conçue par le fils de Victor Gonzales (1877-1956), Fernand Gonzales (1904-1940), tombé au champ d'honneur quelques jours avant Jehan Alain : André Marchal leur rendit conjointement hommage lors d'un concert à Chaillot en mai 1941 –, a retrouvé ce caractère non seulement polyvalent mais surtout d'une réelle cohérence qu'il aurait perdu lors de son installation à Lyon en 1977 par Georges Danion. Le programme ¡ Pasión ! d'Olivier Vernet et Cédric Meckler en apporta l'éclatante démonstration, devant un public (700 personnes) médusé par les possibilités inouïes et souvent insoupçonnées d'un tel instrument. Lequel, divine « surprise », sonne formidablement, dans une acoustique certes de salle mais nullement sèche. Manuel de Falla ouvrait cette fête musicale avec deux Danses espagnoles de La vida breve, ici d'après l'arrangement pour piano à quatre mains de Gustave Samazeuilh : toutes les couleurs de l'orchestre, décuplées par l'opposition de plans sonores invitant l'œil et l'oreille à une constante mise en mouvement de l'écoute, pages aussitôt suivies d'un Hommage à Manuel de Falla (d'un cycle de 2008 honorant également Poulenc, Fauré et Ravel) du compositeur australien John Carmichael (né en 1930) : l'Espagne de Falla à travers un prisme plus contemplatif, poétique et comme en retrait, sans tenter de rivaliser avec l'effervescence ou le tragique ibériques. Suivirent deux extraits de sa Suite latino-américaine (1990) : Bahama Rumba (Caraïbes) et Joropo (danse de Colombie et du Venezuela), intégration contemporaine de composantes populaires, pour un renouvellement ludique des rythmes et des couleurs. À l'œuvre la plus ancienne – et délicieuse – de ce programme : Pavana-Capricho (1884) d'Isaac Albéniz, répondit l'Espagne réinventée de Ravel avec l'œuvre dont on parle tant depuis son entrée dans le domaine public le 1er mai : Boléro (ballet, 1928), d'après l'arrangement de l'auteur, cet immense plan-séquence scandé de dix-huit entrées n'ayant de l'authentique boléro rien d'autre que son intitulé – « Cela n'a aucune importance », lança Ravel à Joaquin Nin… L'œuvre telle que gravée à Dudelange présente à quelques secondes près une durée (tellement variable d'une version à l'autre) équivalente à celle de Piero Coppola, gravée le 13 janvier 1930 en présence de Ravel, soit deux jours après la création de l'œuvre (concert) sous la baguette du compositeur. Même inhumaine « impassibilité » et menaçante « fixité » sous les doigts du duo Vernet-Meckler, à l'orgue de l'Auditorium bien-nommé, pour une ascension implacablement calibrée (le crescendo ne commence en réalité qu'après avoir épuisé tous les vents solistes, les cordes n'intervenant qu'à la 13ème entrée – à l'orgue mutations séparées et groupées sur fonds et anches de plus en plus nourris, pour une registration évolutive soudainement plus globale, comme à l'orchestre), le tout mettant naturellement à contribution l'entière et riche palette de l'instrument : 82 jeux sur cinq plans sonores – jusqu'à une irrésistible et vertigineuse suffocation sonore et sa brutale résolution. Pour une synchronisation à la hauteur des exigences de Ravel (dont tous les autres compositeurs profitèrent), pas d'autre solution pour les musiciens que de jouer avec oreillette, de manière à se rapprocher, par les micros suspendus à la verticale de l'orgue, de la réalité de leur jeu, la distance entre orgue et console étant déjà trop grande pour une restitution selon leurs vœux. La seconde partie du concert s'ouvrit sur deux pages explosives de Pierre Cholley, à juste titre d'ores et déjà fameuses, par Olivier Vernet seul : Rumba sur les grands jeux et, d'un tragique à chaque audition plus manifeste, Paso doble sur DSCH, suivies de son Tango furioso – toute la fureur d'un combat à la vie, à la mort – dédié au duo Vernet-Meckler. Tout comme l'œuvre suivante, commande du duo au compositeur malgache Rafihavanana Ratovondrahety, en création mondiale : Gratitude, d'une sombre intensité pour un climat subjuguant d'envoûtante complexité – et de songer durant l'audition au très étrange et inquiétant film muet de Robert Wiene Le cabinet du Docteur Caligari. Vint ensuite l'un des « tubes » du duo Vernet-Meckler : l'altier Libertango d'Astor Piazzolla, aussi dominateur par son rythme hypnotique que d'une impérieuse et bouleversante émotion, presque un point de non retour – trouvant sa résolution dans une diversion : Samba alla turca (with apologies to Mozart) de Philip Robert Buttall, à première oreille spirituelle pochade, sans doute plus que cela dans un genre éminemment caustique et concis. Le programme se referma sur un ultime sursaut d'énergie, détournement « brahmsien » et feu d'artifice de couleurs chromatiquement évaluées : Salsa all'ungarese de Tal Zilber, en création mondiale dans cette version pour deux organistes dédiée au duo Vernet-Meckler, une nouvelle fois ovationné par le public lyonnais. Le lendemain, à l'Université Lyon 2, le colonel et médecin en chef Cédric Meckler (sa thèse d'exercice s'intitulait Approche clinique et psychopathologique des troubles mentaux de Robert Schumann), docteur en neurosciences et chercheur à l'Institut de recherche biomédicale des Armées, donnait une passionnante conférence sur les Mécanismes cérébraux impliqués dans le contrôle du geste musical. Laquelle, rétrospectivement, illumina scientifiquement – et non moins musicalement – les défis divers et nombreux, ne serait-ce que de synchronisation et d'endurance, du concert de la veille, à commencer par le redoutable et impitoyable Boléro de Ravel… Michel Roubinet, ConcertClassic.com (Mai 2016)

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PIANO NEWS

Interpretation: 6/6 - Klang: 5/6 - Repertoirewert: 6/6 Die Komposition des 1. Klavierkonzerts von Brahms nahm vier Jahre in Anspruch Brahms begann es als Sinfonie, schrieb es um in eine Sonate für zwei Klaviere und vollendete es als Klavierkonzert. Brahms' Freund Theodor Kirchner fertigte in Anlehnung an die Ursprungsidee eine Transkription für zwei Klavierduette an. Das 2. Klavierkonzert bearbeitete Brahms nicht nur selbst für vier Hände auf zwei Klavieren, sondern Paul F. Juon transkribierte das Op. 83 für zwei Klaviere und acht Hände. Die vier Interpreten dieser großartigen CD haben beide Fassungen analysiert und unter Vorlage des Originals - Strukturen wiederhergestellt, Melodielinien hinzugefügt - die Transkription bearbeitet. Das Duo Lafitte spielt vierhändig Klavier, Olivier Vernet und Cédric Meckler spielen die zwei Orgeln der Kathedrale von Angers - das Ergebnis ist mehr als Hörens und staunenswert: Die klanglich voluminöse Anlage vor allem des ersten Konzerts füllen die Orgelklänge äußerst passend aus, sind aber so durchsichtig, dass der Klavierpart zu keiner Zeit überdeckt wird. Im Gegenteil: Die vielfältigen Klangschichten kommen durch die Aufteilung auf Klavier und Orgel besonders gut zum Vorschein. Es klingt nicht nur neuartig, sondern auch, "brahmsisch", Tatsächlich meint man: Genau so hätte Brahms sich sicher die Oktaven und die üppigen Akkorde in der Reprise seines op. 15 vorgestellt. So weit weg vom Original und doch so authentisch im Klang. Eine aufwendige Aufnahme, on Gestaltungskraft kaum zu überbieten. It took Brahms four years to compose his first piano concerto: he started it as a symphony, rewrote it into a sonata for two pianos, and finalized it as a piano concerto. According to its genesis Brahms' friend Theodor Kirchner produced a transcription for two piano duets. From his second piano concerto not only Brahms himself made a version for four hands on two pianos, also Paul F. Juon transcribed this op.83 for eight hands on two pianos. The four interpreters of this gorgeous CD have analyzed both versions and edited the transcriptions - based on the original - reconstituting structures, adding melodic lines. The duo Lafitte plays four hand piano, Olivier Vernet and Cédric Meckler play the organ of the cathedral in Angers - the result is amazing and more than worth hearing. The voluminous tonal disposition of the first concerto in particular by the sound of the organ is extremely adequate, but remains so transparent, that it never covers the piano part. On the contrary: the multifaceted layers of sound are brought out particularly well by this distribution to piano and organ. It sounds not only novelly, but even "brahmsian". Indeed one believes: just like that Brahms would have imagined the octaves and the sumptuous chords in the reprise of his op.15. So far away from the original and yet so authentic in its sound. An elaborate recording, hardly to surpass in creative power. Isabel Fedrizzi, PianoNews (Mars/Avril 2014) Ce coffret du 15 ème anniversaire de Ligia (3 CD pour le prix d'un) reprend le troisième disque d'Olivier Vernet (sur plus de soixante-dix aujourd'hui) : les six Sonates op.65 (Masevaux, 1992), complétées du reste de l'œuvre d'orgue de Mendelssohn et d'extraits du Songe d'une nuit d'été (Saint-Louis-en-l'Île, mars 2007). Comprenant le Nachspiel de 1831, les deux Chorals de 1844, l' Andante alla marcia , l' Allegro moderato maestoso et la redoutable Fugue en si bémol de 1845 ainsi que la Fugue à quatre mains de 1835 – donc plus complète que celle de Jean-Baptiste Robin, l'autre grande version récente (3 CD Triton, 2003) –, l'intégrale Vernet permet de vérifier que la perfection de la mise en forme musicale et instrumentale était présente dès ses débuts au disque. Les pages faisant appel à la force graduée de l'Aubertin de Paris resplendissent de grandeur post-classique (Préludes et Fugues op.37 n°1 & 3), comme à Masevaux les mouvements de même esthétique des Sonates, cependant que les pièces sur registrations douces ou en demi-teintes magnifient une palette variée et raffinée, ainsi l'op.37 n°2, les deux Fugues de 1839, l'admirable Präludium en ut mineur de 1841 ou le célèbre et délicieux Thema mit Variationen de 1844, pages d'un lyrisme plus foncièrement romantique. À l'orgue proprement dit de Mendelssohn, dense, souvent grandiose et d'une pureté de structure puissamment restituée, font donc suite cinq pages du Songe , d'après la version pour piano à quatre mains du compositeur (rééditée par Dover), adaptée en fonction des habituelles contraintes (tessiture, octaves…). Dans l'époustouflante Ouverture , qui par sa vivifiante continuité dynamique l'emporte presque sur l'original, le diabolique Scherzo et la Marche des Elfes , le Nocturne et une Marche nuptiale d'une complexité et d'une beauté à faire pâlir les horreurs qui hantent les sorties de mariage, Olivier Vernet et Cédric Meckler rééditent l'exemplaire réussite de leur Mozart sur ce même Aubertin (4000 CD vendus – pas mal, pour de l'orgue !). Virtuosité et synchronisme confondants riment de nouveau avec musicalité, vitalité et goût des plus exigeants. Michel Roubinet, Le Monde de la Musique (juillet/Août 2007) Dans la discographie d'Olivier Vernet, il y a plusieurs genres d'enregistrement. D'abord, les « incontournables » qui prennent pour échelle le catalogue des œuvres des grands compositeurs, pour en offrir les exhaustivités. Entreprises de référence : le coffret en 15 CD de l'œuvre pour orgue de Bach ou l'intégrale des œuvres pour orgue de Liszt aux six sonates pour orgue de Mendelssohn en passant par les concertos (pour orgue) de Haydn. Il y a encore les anthologies qui, pour les besoins d'un disque, inventent un répertoire : les transcriptions d'ouvertures et airs d'opéras (avec la soprano Isabelle Vernet) ou « Organ dances », avec des œuvres de Julien Bret, Pierre Cholley, Robert Elmore. Et pour s'orienter dans l'imposante discographie d'Olivier Vernet, l'exercice taxinomique peut aussi élire un rayon « découverte » puisque l'organiste a aussi enregistré des auteurs tels que Louis-Nicolas Clérambault, Johann Ludwig Krebs ou Nicolas De Grigny. Par sa fraîcheur et sa variété trépidante, compilant l'œuvre pour orgue de Mozart, ce disque fait plutôt penser à une boîte à bijoux. Chaque plage offre une sorte de joyau sonore, autant de raffinements timbriques, avec une très tangible délectation des couleurs soigneusement établies pour chacune des œuvres, quand ce n'est pour chacun des mouvements. Mais au-delà du traitement gourmand des registrations (parfois très sucrée, à force d'en affirmer si fort les originalités), c'est l'intérêt de Mozart pour les musiques mécaniques que le disque coule tout naturellement dans son œuvre pour orgue. Tel un essai opératique, l ‘Andante in F pour für eine kleine Orgelwalze (K. 616) est riche d'une incroyable polysémie, il peut faire penser à de la musique de manège, autant qu'aux passages les plus poignants de la Flûte enchantée . De 1791 aussi, le choral « Ach Gott, vom Himmel sieh darein » (K. 620b) est, lui, distinctement repris dans le dernier acte de l'opéra. Mention spéciale, enfin, pour la Fantaisie en fa mineur (K. 594) dont la virtuosité contrapuntique (à 4 mains) donne envie que l'œuvre pour orgue de Mozart soit intégrée, en bonus, à l'intégrale de celle de Bach. David Christoffel, ResMusica.com (octobre 2006) Nouvel enregistrement proposé sur le bel Aubertin de Saint-Louis-en-l'Ile, à la une de l'actualité – ce qui est mérité – et où l'on se rend compte que cet instrument permet d'aborder un large répertoire. Tel est le cas avec Mozart proposé à deux et quatre mains. Outre l'œuvre officielle comprenant les trois fantaisies écrites à l'origine pour un petit automate, les artistes proposent quelques pièces transcrites, qui sont du meilleur effet à l'orgue. On en retrouve plusieurs sur d'autres disques consacrés à l'orgue de Mozart, c'est dire leur destination quasi évidente pour les tuyaux : des fugues et des chorals. C'est tout à fait bienvenu car l'«Année Mozart» aura permis d'approfondir le sujet, chacun proposant telle pièce qui pourrait bien sonner à l'orgue, et pourquoi pas ? Ici, tout « roule » impeccablement, le son est proche et direct, les quatre mains fonctionnent à merveille, malgré quelques croisements parfois périlleux. Finalement, chaque CD Mozart à l'orgue est une belle découverte en soi, et le « quatre mains » une belle solution qui ouvre le répertoire de cet auteur. Une petite note de plus pour ce beau choral Ach Gott, vom Himmel sein darein, que l'on retrouve dans la Flûte Enchantée. Mozart rejoint ici Bach : c'est savant, étonnant et bouleversant ! Il nous manque juste dans ce programme Adagio et fugue en ut mineur, très inspiré du Maître de Leipzig et qui fait merveille à l'orgue à quatre mains … à suivre peut être dans un autre volume. Frédéric Munoz, ResMuscia.com (avril 2007

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LE MONDE DE LA MUSIQUE

Ce coffret du 15 ème anniversaire de Ligia (3 CD pour le prix d'un) reprend le troisième disque d'Olivier Vernet (sur plus de soixante-dix aujourd'hui) : les six Sonates op.65 (Masevaux, 1992), complétées du reste de l'œuvre d'orgue de Mendelssohn et d'extraits du Songe d'une nuit d'été (Saint-Louis-en-l'Île, mars 2007). Comprenant le Nachspiel de 1831, les deux Chorals de 1844, l' Andante alla marcia , l' Allegro moderato maestoso et la redoutable Fugue en si bémol de 1845 ainsi que la Fugue à quatre mains de 1835 – donc plus complète que celle de Jean-Baptiste Robin, l'autre grande version récente (3 CD Triton, 2003) –, l'intégrale Vernet permet de vérifier que la perfection de la mise en forme musicale et instrumentale était présente dès ses débuts au disque. Les pages faisant appel à la force graduée de l'Aubertin de Paris resplendissent de grandeur post-classique (Préludes et Fugues op.37 n°1 & 3), comme à Masevaux les mouvements de même esthétique des Sonates, cependant que les pièces sur registrations douces ou en demi-teintes magnifient une palette variée et raffinée, ainsi l'op.37 n°2, les deux Fugues de 1839, l'admirable Präludium en ut mineur de 1841 ou le célèbre et délicieux Thema mit Variationen de 1844, pages d'un lyrisme plus foncièrement romantique. À l'orgue proprement dit de Mendelssohn, dense, souvent grandiose et d'une pureté de structure puissamment restituée, font donc suite cinq pages du Songe , d'après la version pour piano à quatre mains du compositeur (rééditée par Dover), adaptée en fonction des habituelles contraintes (tessiture, octaves…). Dans l'époustouflante Ouverture , qui par sa vivifiante continuité dynamique l'emporte presque sur l'original, le diabolique Scherzo et la Marche des Elfes , le Nocturne et une Marche nuptiale d'une complexité et d'une beauté à faire pâlir les horreurs qui hantent les sorties de mariage, Olivier Vernet et Cédric Meckler rééditent l'exemplaire réussite de leur Mozart sur ce même Aubertin (4000 CD vendus – pas mal, pour de l'orgue !). Virtuosité et synchronisme confondants riment de nouveau avec musicalité, vitalité et goût des plus exigeants. Michel Roubinet, Le Monde de la Musique (juillet/Août 2007)

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Dans la discographie d'Olivier Vernet, il y a plusieurs genres d'enregistrement. D'abord, les « incontournables » qui prennent pour échelle le catalogue des œuvres des grands compositeurs, pour en offrir les exhaustivités. Entreprises de référence : le coffret en 15 CD de l'œuvre pour orgue de Bach ou l'intégrale des œuvres pour orgue de Liszt aux six sonates pour orgue de Mendelssohn en passant par les concertos (pour orgue) de Haydn. Il y a encore les anthologies qui, pour les besoins d'un disque, inventent un répertoire : les transcriptions d'ouvertures et airs d'opéras (avec la soprano Isabelle Vernet) ou « Organ dances », avec des œuvres de Julien Bret, Pierre Cholley, Robert Elmore. Et pour s'orienter dans l'imposante discographie d'Olivier Vernet, l'exercice taxinomique peut aussi élire un rayon « découverte » puisque l'organiste a aussi enregistré des auteurs tels que Louis-Nicolas Clérambault, Johann Ludwig Krebs ou Nicolas De Grigny. Par sa fraîcheur et sa variété trépidante, compilant l'œuvre pour orgue de Mozart, ce disque fait plutôt penser à une boîte à bijoux. Chaque plage offre une sorte de joyau sonore, autant de raffinements timbriques, avec une très tangible délectation des couleurs soigneusement établies pour chacune des œuvres, quand ce n'est pour chacun des mouvements. Mais au-delà du traitement gourmand des registrations (parfois très sucrée, à force d'en affirmer si fort les originalités), c'est l'intérêt de Mozart pour les musiques mécaniques que le disque coule tout naturellement dans son œuvre pour orgue. Tel un essai opératique, l ‘Andante in F pour für eine kleine Orgelwalze (K. 616) est riche d'une incroyable polysémie, il peut faire penser à de la musique de manège, autant qu'aux passages les plus poignants de la Flûte enchantée . De 1791 aussi, le choral « Ach Gott, vom Himmel sieh darein » (K. 620b) est, lui, distinctement repris dans le dernier acte de l'opéra. Mention spéciale, enfin, pour la Fantaisie en fa mineur (K. 594) dont la virtuosité contrapuntique (à 4 mains) donne envie que l'œuvre pour orgue de Mozart soit intégrée, en bonus, à l'intégrale de celle de Bach. David Christoffel, ResMusica.com (octobre 2006)

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RESMUSICA


Nouvel enregistrement proposé sur le bel Aubertin de Saint-Louis-en-l'Ile, à la une de l'actualité – ce qui est mérité – et où l'on se rend compte que cet instrument permet d'aborder un large répertoire. Tel est le cas avec Mozart proposé à deux et quatre mains. Outre l'œuvre officielle comprenant les trois fantaisies écrites à l'origine pour un petit automate, les artistes proposent quelques pièces transcrites, qui sont du meilleur effet à l'orgue. On en retrouve plusieurs sur d'autres disques consacrés à l'orgue de Mozart, c'est dire leur destination quasi évidente pour les tuyaux : des fugues et des chorals. C'est tout à fait bienvenu car l'«Année Mozart» aura permis d'approfondir le sujet, chacun proposant telle pièce qui pourrait bien sonner à l'orgue, et pourquoi pas ? Ici, tout « roule » impeccablement, le son est proche et direct, les quatre mains fonctionnent à merveille, malgré quelques croisements parfois périlleux. Finalement, chaque CD Mozart à l'orgue est une belle découverte en soi, et le « quatre mains » une belle solution qui ouvre le répertoire de cet auteur. Une petite note de plus pour ce beau choral Ach Gott, vom Himmel sein darein, que l'on retrouve dans la Flûte Enchantée. Mozart rejoint ici Bach : c'est savant, étonnant et bouleversant ! Il nous manque juste dans ce programme Adagio et fugue en ut mineur, très inspiré du Maître de Leipzig et qui fait merveille à l'orgue à quatre mains … à suivre peut être dans un autre volume. Frédéric Munoz, ResMusica.com (avril 2007)

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CLASSICA  REPERTOIRE

Mozart tint durant huit ans la tribune de la cathédrale de Salzbourg et se nourrit, dès son enfance, de l’héritage de Bach. Peut-être le faible nombre des pièces destinées au « roi des instruments » (Mozart à son père) explique-t-il que la postérité ait moins retenu ce talent que ses contemporains, qui le fêtèrent à travers l’Europe. Mais « Année Mozart » oblige, ce répertoire connaît une juste réparation : Olivier Vernet propose sur le nouvel orgue Aubertin de Saint-Louis-en-l’île à Paris un récital surprenant, mêlant des œuvres aux styles et écritures les plus divers… Pas toutes pensées pour l’orgue d’ailleurs ! Le résultat, malgré le risque d’un certain éparpillement, est passionnant et témoigne des grandes capacités d’un interprète infatigable, en permanent renouvellement. Vernet, secondé par Cédric Meckler, se plait à cette profusion qui permet aussi un très beau travail de registration. Ecriture pianistique mondaine (Intrada K.399) ou concertante, Fugues, Choral K.620b au style contrapuntique volontairement archaïsant où se devine aussi un thème de la Flûte enchantée, musique funèbre pour orgue mécanique (saisissant Andante de la fantaisie K.594, dramatisé par l’usage du tremblant, brillante Fantaisie K.608 : l’interprète entraîne à travers l’extrême diversité d’un monde mal connu, parfois troublant, dont il surmonte les multiples exigences. Quant au jeune orgue Aubertin, il dévoile ici toutes ses richesses. Anne-Sophie Jacouty, Classica-Répertoire (novembre 2006)

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HIFI VIDEO

Olivier Vernet poursuit sa patiente exploration des différentes époques de l’orgue à travers les intégrales qu’il réalise. Cette interprétation de l’œuvre de Mendelssohn, après celles de Bach, Buxtehude, Mozart, Liszt, et bien d’autres, met en lumière sa capacité à s’adapter à des styles très différents. Il est ici aux côtés de Cédric Meckler, un médecin qui pratique l’orgue et le piano pour son plaisir, mais avec un talent affirmé pour les œuvres à 4 mains. Cela nous vaut une version superbe de la musique du Songe d’une nuit d’été, transcrite par Mendelssohn lui-même. Sophie André et Yves Marzio, HiFi video (juillet/août 2007)

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RESMUSICA

C'est en 1970 que Guy Morançon nous faisait entendre pour la première fois l'œuvre d'orgue de Mendelssohn (6 sonates et 3 préludes et fugues) grâce à un album de deux microsillons gravés sur le Cavaillé-Coll de Saint-Ouen de Rouen, pour le petit label Iramac. Véritable révélation d'une musique géniale, continuatrice de l'univers de J. S. Bach, alors proposée sous une très belle vision nettement romantique, par les registrations symphoniques, le choix de l'orgue et des tempos assez retenus. Peu de temps après, c'est Marie-Claire Alain qui proposera pour son label fétiche Erato, une intégrale élargie à de nouvelles pièces inconnues alors, sur l'orgue néo-baroque nordique de Ringstedt au Danemark. Son approche se situait dans une optique plus nettement classique, à l'instar des orgues de Gottfried Silbermann, joués par Mendelssohn qu'il affectionnait tout particulièrement, les mêmes que ceux joués par Bach lui-même (Rötha). Cela lui permit alors d'expliquer certaines registrations pour jouer Bach (Passacaille et fugue par exemple). La voix était ouverte : de nombreuses versions de cette œuvre verront ensuite le jour, dont par exemple récemment, celle de Jean-Baptiste Robin pour le label Triton, et utilisant ces fameux orgues de G. Silbermann.. Aujourd'hui, Olivier Vernet, assisté parfois suivant les pièces de Cédric Meckler, rassemble en un coffret de 3 Cds, la totalité des pièces connues à ce jour, avec en bonus-tracks (c'est une tendance) une transcription à 4 mains du Songe d'une nuit d'été , où figure la célèbre Marche nuptiale . Il est à ce propos intéressant de noter que toute cette œuvre d'orgue respire l'optimisme, la fête, et avec Félix, la cérémonie de mariage n'est pas très lointaine, d'où la célébrité de sa marche à cette occasion. L'une des sonates d'ailleurs sera écrite à l'intention du mariage de sa sœur bien-aimée Fanny. Cette intégrale utilise deux orgues de tout premier plan : Le « Kern » de Masevaux, reconstruit à neuf durant les années 70, après l'incendie qui détruisit le précédent construit par les frères Callinet, et puis le tout récent « Aubertin » de St Louis en l'île à Paris. Confrontation au sommet de deux merveilles sonores, perfections de clarté et d'équilibre. Olivier Vernet domine de très haut cette intégrale, les sonates et préludes et fugues (sommet de l'œuvre) enregistrées en 1992 et reprises dans cette intégrale sonnent à merveille à Masevaux, dans des tempi très enlevés, tourbillonnants : les fugues, redoutables, sont d'une maîtrise absolue. Pour tout le reste, nous sommes à la tribune de St Louis en l'île à Paris : même fougue, même lumière éblouissante. Un exemple : l' Allegro en ré mineur (plage 2 du CD 2), délice des sens, félicité en marche, avec tout à coup un grand choral Luthérien déclamé sur toute la force de l'orgue avec l'anche de 32 pieds à la pédale : un instant d'une intense émotion à vous donner le frisson. Cédric Meckler, déjà entendu dans un précédent album Mozart pour Ligia, forme ici un tandem idéal, tant sa virtuosité sait se fondre complètement avec son collègue. Une somme indispensable dans la connaissance de l'orgue allemand après Bach, en attendant Schumann, Brahms, et les autres… Frédéric Munoz, ResMusica.com (mai 2007)

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AUDIOPHILE MELOMANE

Alors qu'aujourd'hui le génie précoce de Mozart est de notoriété public, seuls les mélomanes érudits connaissent les extraordinaires aptitudes juvéniles de Mendelssohn. Ne sont-elles d'ailleurs pas encore supérieures à celles de son prédécesseur, tant ses premières œuvres étaient déjà des coups de maître ? Né dans une famille riche et cultivée, il a grandi dans une atmosphère de rigueur et de travail, s'affirmant très tôt aussi bien dans littérature et la philosophie que dans le dessin et la peinture. Mais c'est la musique qui monopolisa le plus ses immenses prédispositions. Excellant dans la pratique de nombreux instruments, son attirance pour le clavier, et notamment pour l'orgue, l'amènera à lui dédier plusieurs compositions dont la totalité figure sur ce coffret de 3 CD, offerts au prix d'un seul. Dès lors, comment s'étonner de retrouver Olivier Vernet à la tête de ce remarquable projet, lorsque l'on sait qu'en 1992 il avait déjà brillamment enregistré à Masevaux (Alsace), les six Sonates , op. 65. Fort logiquement incorporée au sein de cette intégrale, cette réédition vient s'enrichir du reste de la production (connue à ce jour) du prodige allemand, avec en bonus et avec la complicité de Cédric Meckler, une transcription pour quatre mains du Songe d'une nuit d'été , où figure la fameuse Marche nuptiale . Cette fois, c'est sur un orgue de facture Aubertin de 2004 (reconstitution fidèle d'un orgue baroque préromantique allemand de 1750) qu'il a jeté son dévolu : celui de l'église Saint-Louis-en-l'Île, dans le 4ème arrondissement de Paris. Inutile de vous rabattre les oreilles avec les éloges enthousiastes et les habituels dithyrambes. Cette musique ne se raconte pas, elle s'écoute, et c'est ce à quoi je vous invite toute affaire cessante. Sorti pour la commémoration du 15ème anniversaire du label Ligia Digital, voilà donc un travail artistiquement et techniquement rondement mené. À coup sûr, les amateurs du genre s'empresseront de venir souffler les bougies. T Hervé, Audiophile Mélomane (octobre 2007)

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RESMUSICA

La route des orgues peut parfois prendre des directions bien diverses, autant par les destinations que par les orgues rencontrés. Après l'Alsace, le Comté de Nice, les Ardennes, la Touraine, la Bourgogne, nous voici arrivés en Corrèze avec déjà un volume 10 (!), pour découvrir un orgue nouveau, un peu comme un bon vin. Cette belle région s'enrichit peu à peu, puisque Agen, vient aussi de retrouver son orgue, grâce à une grande restauration en sa cathédrale. L'histoire de l'orgue de la cathédrale de Tulle, débute au milieu du XIXe siècle avec le facteur John Abbey, qui livre un 3 claviers de 31 jeux. Malheureusement, la suite ne lui sera pas trop favorable, et peu à peu, malgré de soi-disantes restaurations, l'orgue s'enfonce peu à peu dans le délabrement et le mutisme. En 1971, les facteurs Haepfer-Hermann, reconstruisent un nouvel orgue, en gardant certains éléments plus anciens, c'est Marie-Claire Alain qui supervisera l'opération. Si la construction fût robuste, l'harmonie de l'orgue, elle, se révéla déséquilibrée et laissa les musiciens insatisfaits. Au début des années 2000, c'est Bertrand Cattiaux, fin spécialiste en la matière, qui va enfin donner à cet instrument l'épanouissement sonore tant attendu, en reprenant l'harmonie (c'est-à-dire tout simplement « le son de l'orgue ») et en complétant la composition de quelques jeux nouveaux. A l'écoute de ce CD, le résultat est à la hauteur des espérances : d'entrée, la Sinfonia de la Cantate BWV 29 de Bach sonne « juste » dans la belle adaptation d'Alexandre Guilmant. S'en suit la Chaconne pour violon dans une version à 4 mains avec le complice Cédrick Meckler, écrite par Carl Reinecke au XIXe siècle. Après ce monument, l'enchainement avec le petit Andante pour orgue mécanique de Beethoven est d'un délicieux effet. Par la suite, le programme se déroule pour présenter au mieux les diverses possibilités de l'orgue, le 3e choral de Franck, plusieurs pièces du début XXe, avec le jardin suspendu de Jehan Alain , un choral de Jacques Ibert , le Chant de paix de Jean Langlais , et une Elégie d'Emile Bourdon , l'un des prédécesseurs d'Olivier Vernet à la tribune de la cathédrale de Monaco. Le « clou » du disque est pour la fin, avec cette Sonate Parisienne de Julien Bret , né en 1974, organiste du Val de Grâce à Paris. Cette œuvre fleure bon le Paris des années 20, avec ses musiques de guinguettes, valses musette, le Paris populaire comme on l'aime. On y entend même quelques échos tout droit sortis du Gaumont Palace, époque où l'orgue sortait du sous-sol de la scène pendant l'entracte. C'est réjouissant d'entendre une telle musique à l'orgue, tout aussi rafraichissante que souriante et optimiste. Les doigts d'or (et les pieds) de nos deux organistes s'en donnent à c(h)œur joie, c'est de la belle ouvrage. Un disque à découvrir sans tarder, le son est magnifique comme toujours avec cet éditeur. Frédéric Munoz, ResMusica.com (septembre 2007)

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LE MONDE DE LA MUSIQUE

Pour cette dixième étape de la "Route des Orgues", Olivier Vernet et Cédric Meckler jouent l'orgue de Tulle, dont la rayonnante harmonisation métamorphosée par Bertrand Cattiaux, illumine ce troisième CD d'oeuvres (en partie) à quatre mains. Les découvertes sont de taille, à commencer par la Sinfonia BWV 29 de Bach, version non pas Dupré mais Guilmant. Rupture complète avec la Chaconne pour violon seul BWV 1004, ici d'après la version pour piano à quatre mains de Carl Reinecke : poétiquement articulé, le texte déroule sa longue polyphonie réinventée dans l'esprit des romantiques connaissant leur Bach sur le bout des doigts. Même lumière, précise et déliée, dans le délicieux Adagio pour orgue mécanique de Beethoven (noté sur quatre portées). Vernet seul offre ensuite un troisième Choral de Franck dont la partie médiane est habitée et introspective, ferveur intériorisée que l'on ressent également dans Le jardin suspendu d'Alain, autre chaconne, le Chant de paix de Langlais et l'Elégie d'Emile Bourdon (1804-1974), prédécesseur de Vernet à la cathédrale et à l'Académie de musique de Monaco. Le Choral "justorum animae in manu dei sunt" d'Ibert, dont il est l'un des rares à jouer l'oeuvre intégral, rejoint dans la grandeur les sections extérieures du Choral de Franck, ce récital se refermant sur une pétillante Sonate parisienne pour orgue à quatre mains (2007) de Julien Bret dédiée aux deux musiciens : on y retrouve l'esprit si français - l'ombre de Poulenc et de l'orgue de Barbarie se fait spirituellement sentir - de la Ronde des lutins et de l'inoubliable Valse des anges des Organ Dances gravées à Roquevaire (Ligia, 2005). Michel Roubinet, Le Monde de la Musique (novembre 2007)

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HIFI VIDEO

L’orgue de la cathédrale de Tulle a connu bien des avatars, avant de retrouver sa voix d’aujourd’hui ; Une réharmonisation complète et heureuse réalisée en 2000 et 2001 par Bertrand Cattiaux en a fait un instrument néo-classique remarquable, adapté à un répertoire très vaste. Le choix des pièces le montre bien, avec des œuvres de Bach, Beethoven, Franck, Alain, Ibert, Langlais et Bourdon. On écoutera en finale de ce récital éclectique une création, la Sonate parisienne pour orgue à quatre mains, de Julien Bret, que le talentueux Olivier Vernet interprète avec son complice Cédric Meckler. Sophie André et Yves Marzio, HiFi video (octobre 2007)

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CLASSICA  REPERTOIRE

Olivier Vernet s’arrête, pour cette dixième étape de la « Route des orgues » à Tulle. L’orgue de la cathédrale dispose désormais grâce à la ré-harmonisation de Bertrand Cattiaux d’une palette large et d’un caractère profondément affirmé. Pour nous le faire découvrir Olivier Vernet interprète un programme souvent décalé et (im)pertinent. Citons notamment une éclatante transcription de Bach par Guilmant, le très poétique Elégie de Bourdon et, en création mondiale, une Sonate parisienne pour orgue à quatre mains de Julien Bret, pleine d’ironie dansante. Hétéroclite et baroque, ce disque irradie du bonheur de jouer de l’orgue en maintenant la plus haute exigence musicale. David Loison, Classica-Répertoire (novembre 2007)

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DIAPASON

Au moins, on ne reprochera pas à ce programme d’être rebattu. Belles découvertes que le choral d’Ibert et l’Elégie d’Emile Bourdon. Passionnante aussi, l’amplification par Reinecke de « la » chaconne pour violon seul ; l’orgue ne trahit pas, bien au contraire, le métier contrapuntique de celui qui dédia aussi au piano à quatre mains une chaconne de son cru (Opus 123 n°3) et douze études en forme de canon (Opus 130). Quant au choix de jouer à deux le très mozartien Adagio pour Flötenhur de Beethoven, c’est évidemment le bon : sans acrobatie technique, la musique chante librement dans toute sa (fausse) simplicité. Dans toutes les pièces en duo, la présence de Cédric Meckler, comme on l’a déjà constaté dans Mozart et Mendelssohn, canalise Olivier Vernet (…). Le critique ne peut conclure sans saluer chapeau bas une Sinfonia BWV29 enlevée, colorée, magnifiquement tenue, avec une main droite de haut vol, et dans une transcription qu’on regrette bien de ne pas voir davantage fréquentée. Eclatante démonstration de ce que peut Olivier Vernet à son meilleur – et de ce que les travaux de Bertrand Cattiaux ont apporté à l’orgue de Tulle. Paul de Louit, Diapason (novembre 2007)

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PRESTIGE AUDIO VIDEO

Outre le talent indéniable de l’organiste Olivier Vernet dont nous admirons régulièrement les enregistrements (Bach, Buxtehude, Couperin, Mozart, Liszt, pour ne citer que quelques intégrales), il nous faut admirer ici, la façon judicieuse qu’il a choisie pour nous présenter les concertini pour clavier, deux violons et basse de Joseph Haydn, suivis chacun par des Flötenuhr écrites pour des horloges musicales, qu’il a associées trois par trois pour en faire des sortes de concertini. Cédric Meckler vient le seconder pour les oeuvres à quatre mains, c’est-à-dire ces Flötenuhr et une Partita. L’ensemble In Ore mel (deux violons, un violoncelle), habituel complice d’Olivier Vernet, est, encore ici, impeccablement à son diapason et l’orgue de Mougins à la fête. Tout comme nous ! Yvette Canal, Prestige Audio Vidéo (mai 2008)

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LE MONDE DE LA MUSIQUE

Les treize concertini de Haydn pour clavecin, deux violons et basse (l'un d'eux ajoute deux cors), composés aux alentours de 1760, ne sont pas des concertos miniatures, car ils ne possèdent pas de ritournelles "orchestrales". Ce sont - avant la lettre - des quatuors avec clavier, "concertant" au plein sens du terme : le clavier est présent d'un bout à l'autre et l'écriture est des plus virtuoses. Avec ces oeuvres, Haydn a fait passer dans la musique de chambre l'esprit brillant du concerto. Il n'est jamais revenu au genre. Les concertini ont été enregistrés intégralement au clavecin par Ton Koopman (Philips) et au piano moderne par Ilse von Alpenheim (Pantheon), et plusieurs CD isolés existent. Les exécuter au positif d'orgue se justifie pleinement. L'esprit "de chambre" subsiste et les oeuvres gagnent en couleur. Olivier Vernet a choisi les quatre ouvrages ayant comme volet central non pas un menuet mais un mouvement lent, ce en quoi ils se rapprochent du concerto proprement dit. Faite d'un "Allegro" et d'un "Menuet", la Partita en fa majeur pour clavier à quatre mains est attribuée à Haydn sur une copie d'époque, mais elle ne figure sur aucun de ses catalogues et son authenticité n'est pas prouvée. les six pièces pour horloge mécanique ici retenues figurent parmi les dix-sept (sur un total de trente-deux) arrangées par haydn lui-même. Quatre proviennent de pages existant déjà, et l'on reconnaîtra le menuet de la Symphonie "l'Horloge" et les finales de la 99e ainsi que des quatuors "l'Alouette" et op.71 n°2. Olivier Vernet et ses complices nous font passer en compagnie de Haydn de bien agréables moments. Marc Vignal , Le Monde de la Musique (juin 2008)

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RESMUSICA

Poursuivant son exploration de la musique « orgue et cordes » de la période dite classique, Olivier Vernet aborde avec bonheur quelques pages méconnues de Joseph Haydn. Non pas les grands concertos, plus connus des mélomanes, mais quelques concertinos, plus modestes, mais tout aussi passionnants, et qui furent conçus vraisemblablement dans les salons du Comte Esterhazy, ne demandant qu'un trio à cordes, et un instrument soliste à clavier : clavecin, ou cabinet d'orgue. Période curieuse pour l'orgue, sorti de son contexte habituel liturgique, et devenu instrument de concert à part entière, traité à la manière d'un pianoforte. La polyphonie a pratiquement disparu au profit d'une écriture à deux voix, à l'instar de Händel, ou Karl-Philip-Emmanuel Bach. Pourtant Haydn utilisera aussi l'orgue dans ses célèbres messes, gardant un lien réel avec le sacré. Mais ici, il en va autrement, puisque le compositeur avait même écrit pour un instrument étrange appellé « flötenuhr » - littéralement « horloge à flûte » -, sorte de grosse boite à musique sophistiquée, qui ornait le musée de cire du comte Deym-Müller, et dont Mozart et Beethoven avaient écrit également quelques pièces adaptées à cette curiosité instrumentale. Haydn s'en tient à de courtes compositions destinées à marquer chaque heure qui passe, écrites sur quatre portées musicales, d'où le « 4 mains » proposé par Olivier Vernet et Cédric Meckler. Ces pièces dont les thèmes sont parfois tirés de symphonies ou de quatuors à cordes, gardent ici toute leur saveur originale : l'orgue de Mougins, de taille modeste, très timbré en jeux de flûtes de toutes tessitures, et posé à même le sol, est un partenaire idéal. Le trio à cordes mené par Stéphanie Degand soutient avec vigueur et enthousiasme le discours élégant et joyeux du Maître Viennois. Le XVIII° est bien là, l'orgue s'émancipe vers d'autres mondes : musique facile dira-t-on, mais de divertissement, le but est bien atteint, tant par l'écriture que par le ton qui nous sont proposés dans le présent enregistrement. Frédéric Munoz, ResMusica.com (juin 2008)

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Ce disque nous offre une découverte de taille en la personne de Niels Gade, compositeur danois du début du XIXe siècle, remarqué pour ses immenses facultés par les plus grands noms de l'époque : Mendelssohn et Schumann. Organiste de formation, il écrivit quelques pièces dont fort peu furent publiées, la plupart restant à l'état de manuscrit. Nous y trouvons des chorals, des trios, des variations, quelques pièces d'allure symphonique, et une transcription de la partita Sei Gegrüsset de Bach pour deux organistes. Nous sommes dans l'univers mendelssohnien où les mélodies de choral imprègnent le discours : les variations sur le célèbre Ein feste Burg sont une démonstration de cette magnificence poussée à son comble par l'arrivée en fin de cycle de deux cuivres, trompette et trombone, timbrés à souhait, et retentissants entre les mains de Philippe Bleurez et Valéry Luczynski. Bien plus qu'un simple compositeur, que l'on pourrait imaginer de second plan, Gade apporte par son discours inspiré et parfois dramatique, une dimension non négligeable à la musique d'orgue de son temps et de son pays le Danemark. L'écriture des chorals est très recherchée, chaque note chante, bien à sa place, dans un cortège harmonique raffiné. Brahms proposa un peu plus tard à son tour de tels diamants. Olivier Vernet qui a réuni l'intégralité de ces pièces éparpillées, prend plaisir à faire découvrir cette œuvre quasiment inédite, s'entourant en particulier de Cédrick Meckler, avec qui il a déjà gravé plusieurs Cds à 4 mains. L'approche revisitée de la partita de Bach sous cette distribution est passionnante, orchestrale, et donne finalement plein d'idées pour d'autres œuvres d'orgue de Bach qui pourrait bénéficier d'un traitement analogue. L'interprétation est vivante et apte à nous faire aimer ce grand méconnu. L'une des découvertes de ce disque est l'orgue de Saint-Charles de Monte-Carlo, reconstruit à neuf par la firme italienne Tamburini en 1979. On reconnaît immédiatement l'esthétique italienne, claire, puisant ses racines dans l'orgue baroque de ce pays, comme sans doute ceux que joua Niels Gade chez lui, au nord, en ce tout début du XIXe siècle. Pour autant, le traitement de cet orgue à partir d'un répertoire romantique lui réussit tout à fait, respectant la lisibilité des lignes, et le contrepoint. Le vieux ripieno n'est pas loin, les fonds assez étroits rappellent l'orchestre. La prise de son bien équilibrée fortifie une impression de plénitude et d'acuité auditive des plus agréables. Tout est ici réuni pour nous présenter sous les meilleurs cieux la musique de ce grand romantique, injustement oublié sur le bord du chemin par l'histoire de la musique, et réhabilité avec bonheur, grâce à cet enregistrement rare et précieux. Frédéric Munoz, ResMusica.com (mai 2009)

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DIAPASON

Voici un disque qui mérite d’être acquis à deux titres. D’abord, il présente pour la première fois l’intégrale de l’œuvre pour orgue de Niels Gade, figure tutélaire de la musique danoise avec son beau-père Hartmann. Les deux compositeurs avaient été réunis par Hans Fagius (Da-capo) qui, toutefois, ne présentait que les quelques partitions de Gade éditées par Sven Lindholm (Hansen). Grâce en particulier au travail de Bjarne Hersbo, Olivier Vernet peut nous présenter plusieurs pièces inconnues : chorals, trios, un andante destiné initialement à s’insérer dans les Drei Tonsctücke op.22 pour former une sonate, ainsi que, pour quatre mains, un andante et une adaptation de sept des variations sur Sei gegrüsset Jesu gütig BWV 768. D’autre part, après un Widor magnifique, cet album confirme le retour des qualités qui avaient ébloui chez le jeune Olivier Vernet, en particulier le toucher vif et cette flamme ardente qui fait étinceler les mouvements rapides. Tout ici est d’une grande lisibilité, d’une remarquable assise et les traits de tierces des Tonsctücke sont irréprochables. En fait, ce disque appellerait sans barguigner, un Diapason d’or, n’était le choix de l’orgue, d’un anachronisme aussi parfait que le jeu. Dans cette improbable ré-interprétation néo-classique, par un Tamburini des années 1970, de la facture italienne ancienne, on se demande ce qui est le plus hors-sujet, de ce ripieno pépiant, de ces anches râpeuses, ou du crachotis des flûtes. Privées de fondamentales, toute la monumentalité de l’écriture de Gade, plus orchestrale que celle de Mendelssohn, toute la ferveur tendre de ces andantes tombent, victimes des criaillements du tutti et de l’instabilité du vent. Certes, l’orgue est plus à son aise et plus à propos dans une Partita BWV 768 emmenée au pas de gymnastique avec le concours de Cédric Meckler. Piètre consolation que cette prime à Gade transcripteur, quand ce sont à la fois les talents du compositeur et de son interprète que vient contredire l’instrument. Paul de Louit, Diapason (Juillet/Août 2009)

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LE MONDE DE LA MUSIQUE

Alors que la récente discographie pour l’orgue multiplie les intégrales de petits maîtres avec un bonheur inégal, Olivier Vernet nous propose un disque d’un bout à l’autre digne d’intérêt. Le choix d’un véritable compositeur pour l’orgue en est la première raison. La musique du danois Niels Wilhelm Gade s’inscrit de façon évidente dans les pas de Mendelssohn : sens de la mélodie, intérêt pour les formules ternaires et surtout une admirable légèreté du contrepoint. Son chef-d’œuvre les Trois pièces ne fait pas mauvaise figure face aux sonates mendelssohniennes, grâce à la densité de leur écriture et à une construction qui joue des contrastes. Mais loin des univers parfois sombres du romantisme allemand, une lumière heureuse éclaire les andantes isolés, les préludes de choral ou les trios, leur conférant une touche des plus personnelles. Le deuxième atout de cette intégrale est une interprétation à la fois d’une qualité technique remarquable (aucun détail ne nous échappe) et parfaitement originale dans son approche. Olivier Vernet rend la transparence heureuse de ces pièces par des tempos osés et le recours à l’orgue Tamburini (1973) de Saint-Charles à Monte-Carlo. L’instrument de facture principalement néo-baroque italienne sonne paradoxalement bien dans cette musique, restituant la joie par une clarté de timbres. En prime, Olivier Vernet nous livre la curieuse transcription pour orgue à quatre mains que Niels Wilhelm Gade fit de la Partita sur « Sei gegrüsset » de Johann Sebastian Bach. Elle résonne à l’image de l’esprit de ce disque : synthèse réjouissante de l’ancien et du moderne, de l’orchestre et de l’instrument soliste, du chœur enfin et de la voix intime. David Loison, Classica (Juillet/Août 2009)

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RESMUSICA

Nous retrouvons avec plaisir le duo Vernet-Meckler, déjà remarqué dans plusieurs productions précédentes, et au service cette fois-ci de musiques d’essence hispanique, d’où ce titre prometteur de « Pasiòn », caractéristique de ce répertoire. Plusieurs compositeurs espagnols côtoient certains autres, qui furent inspirés par l’ibérie, dont Maurice Ravel, considéré de son vivant par certains collègues, comme l’un des plus grands compositeurs espagnols (sic), ses origines basques, ayant sans doute influencé ce penchant. On se laisse prendre au jeu dès le début du disque avec une transcription du Boléro de Ravel, de la main même de l’auteur. Il nous faut un certain temps pour se rendre compte que nous entendons bien un orgue et non un orchestre, tant la similitude est trompeuse, et magnifiquement réalisée : peu à peu, l’orgue reprend ses droits pour nous conduire vers son célèbre crescendo et sa modulation finale. Les ombres et les lumières emplies de couleurs de la musique d’Isaac Albeniz font merveille sur la riche palette de l’orgue de Dudelange. Ce dernier, récemment restauré présente en Europe l’un des témoins les plus significatifs de ce que l’on peut attendre d’un grand orgue du XXI° siècle, c’est-à-dire doté des derniers perfectionnements, notamment en matière de mise en mémoire des registrations, et aussi grâce à un arsenal de jeux dont le noyau remonte au début du XX° siècle. La restauration judicieuse de 2002 a gommé certaines interventions discutables survenues au cours de l’histoire de cet orgue, et a permis une modernisation redoutablement efficace. La danse toujours présente, se retrouve avec Manuel de Falla, l’andalou, et nous prépare au grand saut sud-américain avec Piazzolla, le roi du tango, et son célèbre Libertango. Tout est là pour nous procurer de subtiles sensations, magnifiquement défendues par ce duo de choc : Du coup, nous découvrons en fin de récital une œuvre de Pierre Cholley, spécialement écrite pour l’orgue et les présents interprètes en 2008, sorte de fil conducteur résumant en quelque sorte ce style né de l’Ibérie populaire, jusqu’aux faubourgs de Buenos Aires. Ce récital est bien autre chose qu’une simple « espagnolade » sympathique, Olivier Vernet et Cédric Meckler nous entrainent en des terres inconnues à l’orgue, grâce à ce jeu de la transcription et un choix d’œuvres vraiment splendides, mais surtout grâce à leur maitrise et leur frénésie communicative. Frédéric Muñoz, ResMusica.com (09/03/2011)

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RESMUSICA

Après seize années, nous retrouvons Olivier Vernet auprès de l'orgue alsacien de Soultz pour un deuxième enregistrement consacré à cet orgue historique de 1750, à l'occasion de sa récente restauration. Le premier volume, paru en 1995 nous permis de découvrir un de ces très attachants instruments de la famille Silbermann installée en Alsace au XVIIIe siècle. Dans un somptueux buffet richement orné de ses fameuses tourelles trilobées, caractéristiques de cette facture, un matériau sonore bien conservé, et restauré alors par Schwenkedel au cours des années 60 sonnait alors encore de manière convaincante. Depuis, un festival de musique, « les musicales de Soultz » a créé une animation autour de cet orgue, qui après avoir été classé en 1991, vient de bénéficier cette année même d'un relevage, conduit par le facteur Richard Dott. Il a consisté essentiellement en une reconstruction de la mécanique, un décapage du buffet, et un accord général. Le programme musical qui s'articule autour de cet instrument nous présente une pléiade d'auteurs classiques français, idéale pour traduire les qualités de ce Silbermann historique. L'esthétique même des orgues de Jean-André Silbermann est résolument française, par sa composition, ses équilibres, et quelques caractéristiques reconnaissables : un grand plein-jeu transparent et enveloppant, des anches timbrées et fines, pouvant se mêler parfois aux jeux de fond. On appréciera ce plenum alsacien dans le Prélude de Louis Couperin qui ouvre ce programme. La plupart des compositeurs sont là : Jean-Philippe Rameau avec Les Indes Galantes fait merveille, ici présenté en version 4 mains, avec la complicité remarquée de Cédric Meckler. Les jeux de détail sont mis en valeur, les mélanges traditionnels bien présents pour apprécier toute la valeur de cet instrument. Olivier Vernet, comme toujours, se promène avec aisance et inspiration dans ce monde sonore foisonnant d'idées et de surprises. La pièce finale de Balbastre, La canonnade annonce par ses effets d'orage la révolution française, qui marquera hélas la fin de ce monde de l'orgue classique français qui avait atteint alors son apogée. L'orgue de Soultz représente désormais l'un des plus beaux témoins de cette facture alsacienne classique, dont le rayonnement inonda alors une partie de l'Europe, jusqu'en Saxe, ou le cousin Gottfried Silbermann, inspiré par ces sonorités claires, franches et équilibrées, en tint compte pour ses propres orgues, notamment en ce qui concernait les jeux d'anche. L'acoustique, généreuse et équilibrée de l'église de Soultz, est ici remarquablement préservée par la prise de son, qui restitue l'orgue dans tous ses détails et ses feux. Frédéric Munoz, ResMusica.com (14 novembre 2011)

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ORGUE MAGAZINE

On aurait presque pu faire figurer au-dessus de ce commentaire le sigle «ceci n'est point de l'orgue» puisque, mise à part la dernière, dédiée au duo, qui l'a créée en 2008 en la cathédrale de Meaux, ces onze plages n'ont pas été écrites pour l'instrument... Le point commun entre elles est la danse hispanique. Les partitions originales sont des compositions pour orchestre ou pour piano, desquelles les interprètes ont retravaillé les transcriptions pour piano à quatre mains, dont la moitié sont le fait du compositeur lui-même (les noms des transcripteurs figurent entre crochets dans le détail du programme. Mais qui a retravaillé Asturias?). L'absence de ce sigle se justifie évidemment par le fait que cette petite douzaine de «bis» ont été enregistrés à l'orgue. Mais pour jouer cette musique dépassant généralement les limites étroites du clavier de l'instrument, il fallait bien deux organistes, unissant leurs huit mains et pieds, après un travail important de préparation: partager le jeu sur les quatre claviers, répartir les basses à la pédale, elle aussi divisée entre les deux interprètes, et se livrer à une mise en place minutieuse des registrations, sans doute irréalisables sans l'aide du séquenceur. La seule œuvre écrite pour l'orgue s'inscrit parfaitement dans la couleur générale du CD. Reprenons le commentaire du compositeur, qui s'applique en réalité au programme tout entier: «Quatre mains, deux bras, vingt doigts, quatre pouces lâchés sur les claviers si étroits de l'orgue ne pouvaient que se livrer à une danse endiablée. Le tango, surtout, s'il est furioso, s'impose comme l'inévitable complice de leurs exubérantes cabrioles. Les mains se croisent, se chevauchent, se décroisent et bondissent d'un clavier à l'autre. Le tango, rêve halluciné des corps qui se cherchent et se fuient, s'enroule sur lui-même puis disparaît dans le tourbillon final.» L'audition de cette musique bien connue est un réjouissant divertissement, dont le plaisir est magnifié par la double virtuosité des organistes, qui jouent ces pages souvent complexes comme un seul homme. Les grincheux y verront la manifestation de l'incompréhension généralement manifestée par les compositeurs non-organistes et les chefs d'orchestre face à cet instrument aux sonorités peu vivantes et aux mixtures terrifiant ceux qui n'y entendent que des quintes parallèles. Mais il ne faut pas rechercher dans ces transpositions à l'orgue la souplesse expressive des bois de l'orchestre ou même de l'accordéon, ni les nuances du piano. Laissez-vous emporter par les rythmes souvent endiablés, par l'exubérance ibérique, et surtout par le plaisir contagieux des deux organistes, franchissant avec allégresse les limites de leur instrument! Jean Ferrard, le Magazine de l'Orgue (29 janvier 2012)

Les limites de l'œuvre d'orgue de Mozart sont imprécises: à côté des trois célèbres grandes pièces pour orgue mécanique, jouées ici à quatre mains, voici des fragments complétés par l'un ou l'autre éditeur, et aussi par un organiste de la cour de Vienne, Simon Sechter, une pièce pour Glassharmonica ainsi qu'une pièce pour piano à quatre mains. Une des pièces (l'étude contrapuntique sur «Ach Gott, vom Himmel sieh darein») compte 38 mesures, dont 24 sont de l'éditeur, Christoph Albrecht: est-ce encore bien du Mozart? On ne trouvera pas ici d'inédit: Liuwe Tamminga est déjà passé par là !  Nous retrouvons ici l'orgue Aubertin entendu dans un contexte tout différent, et utilisé dans une autre direction: les registrations sont chatoyantes, très variées, et pleines d'effets. Un exemple: la main gauche bassonante dans le trio KV 443 (qu'il serait impensable de jouer à ce tempo tout seul) est saisissante, quoique la lisibilité de l'ensemble soit sacrifiée au profit de l'effet. Effet toujours, dans la célèbre grande fantaisie en fa mineur, dans laquelle les deux organistes, jouant comme un seul homme, partagent la même fougue et, sans doute s'excitant l'un l'autre, pratiquent un tempo qu'un critique américain qualifierait d'«exhilarating». Le retour à l'Adagio après ce déferlement est très réussi. Après un petite gigue pointilliste, l'Andante en fa majeur profite réellement du fait d'être joué à quatre mains: voilà tout d'un coup que tout ce qui était presqu'irréalisable devient clair et évident! La dernière pièce est tout simplement ébouriffante. Rappeler qu'ils s'y sont mis à deux n'est en rien diminuer le mérite des interprètes: on arrive bien à faire plus avec vingt doigts (et combien de pieds? les grands accords sont vraiment très riches!), mais ce n'est guère plus facile... 
Un Mozart scintillant et juvénile.
Jean Ferrard, le Magazine de l'Orgue (23 janvier 2010)

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LE COURRIER DE L'OUEST

Ivresse de l’orgue, fièvre flamenca pour 20 printemps Bruno Maurel, président de la CSPO, voulait un 20e anniversaire de son « Printemps des Orgues» torride et classe. Ce fut le cas, vendredi, grâce à un double rendez-vous orgue en la cathédrale, ballet au Grand Théâtre. Pasión » réunissait les deux organistes Olivier Vernet, auréolé de nombreuses distinctions et titulaire des grandes orgues de la cathédrale de Monaco, et Cédric Meckler, aussi doué pour adoucir les âmes que pour les interroger (le monsieur est docteur en médecine et en neurosciences). La tonalité de la soirée étant espagnole, ces quatre mains et quatre pieds ont offert un programme au diapason, d’où l’on extraira, en toute subjectivité, « LaVida Breve » de Manuel de Falla, à la fois solennel et poignant, et le célèbre « Boléro » de Ravel, réellement planant. Plaisir de l’oreille mais aussi plaisir des yeux : il y a quelque chose de peinture animée à voir ces mains s’entremêler, ces doigts se frôler quand les yeux restent figés sur la partition. Sobres et distingués, les deux organistes ont lancé avec classe une soirée parachevée en langage dansé et fiévreux. Gwenn Lelian, le Courrier de l'Ouest (17 juin 2012)

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RESMUSICA

Les deux concertos pour piano de Brahms font partie des grandes œuvres du répertoire, largement jouées en concert et gravées au disque. Pourtant si chacun croit bien les connaitre, cette version pourraient bien apporter un éclairage nouveau du plus vif intérêt. En effet, la gestation des ces œuvres avait demandé à Brahms beaucoup d’efforts et de temps. Le premier concerto fut en fait initialement une Sonate pour deux pianos à quatre mains. Par la suite, et après publication du concerto définitif, l’éditeur demande à l’auteur une réduction que Brahms accepte à contre cœur, prétextant que même quatre mains sont insuffisantes. C’est un ami de Brahms, Theodor Kirschner (1823-193) qui réalise une version pour deux pianos à huit mains. La présente version s’inspire de cette vision, mais le deuxième piano est remplacé par l’orgue, plus orchestral. Même démarche pour le concerto n° 2, transcrit par Paul Fiodorovitch Juon (1872-1940). L’enregistrement a été réalisé dans la cathédrale d’Angers, le piano au pied du grand orgue. Grâce à un système audio-video sophistiqué, les artistes se retrouvent reliés, en situation de concert, l’orgue jouant le rôle de l’orchestre, avec leurs organistes à la console, en tribune. La palette sonore de l’orgue d’Angers de type symphonique convient parfaitement aux couleurs de la musique de Brahms. Autre approche, autre écoute ! On ressent là un mariage heureux, certes connu depuis longtemps. la corde pincée du clavecin, le marteau du piano, autant de sons à percussion, à durée courte qui se mêlent avec harmonie et complémentarité avec le son continu de l’orgue. Ces deux types d’instruments ont toujours collaboré avantageusement, depuis le clavicymbalum des baroques, jusqu’aux harmoniums et pianos, couple indispensable d’instruments dans les salons romantiques raffinés. On se souvient notamment de Rossini et de sa petite Messe solennelle. L’interprétation est pertinente à plus d’un titre. Le piano, joué à quatre mains, occupe d’avantage d’espace et de lisibilité, sans que l’orgue ne l’écrase. Les jeux de fond largement utilisés soutiennent et commentent à armes égales le discours des pianos. Tout est lisible, limpide, grâce à une prise de son très équilibrée et que l’on imagine délicate à mettre au point. Ce qui est remarquable, c’est justement que le piano n’est pas trop « percussion » et au contraire, chante largement. L’orgue lui, participe activement, autrement qu’en simple accompagnateur ou remplisseur de sons, et sait se montrer vif et percutant quand la musique le demande. Déjà remarquée lors d’un précédent CD consacré à Liszt avec Laurent Cabasso et Olivier Vernet dans ce même lieu, la formule fait mouche ! On pourrait rêver de bien d’autres adaptations du même genre, mais celle-ci, préparée dès l’époque de Brahms, se montre d’une efficacité totale. Le quatuor d’artistes ainsi réunis avec leurs huit mains, proposent une vision engagée et inspirée, capable de rivaliser avec les grandes versions de ces œuvres, même si la lumière qui s’en dégage est autre. C’est le signe d’une musique de génie, capable de se renouveler sous d’autres habits. Frédéric Munoz, ResMusica.com (11 octobre 2013)

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CONCERT CLASSIQUE

L'enchaînement des lieux en une même soirée – Saint-Maurice puis Grand Théâtre – est devenu une marque de fabrique du Printemps des Orgues d'Angers, dont la 22ème édition s'est refermée sur un double concert des plus singuliers, avec un premier programme non seulement sans équivalent mais surtout, bien au-delà de la rareté du « répertoire » ou de la stimulante prise de risques, d'une saisissante charge émotionnelle. En octobre 2013 paraissait chez Ligia Digital un CD hors des sentiers battus : les deux Concertos pour piano de Brahms arrangés pour piano et orgue, chaque instrument étant joué à quatre mains, d'après des transcriptions d'époque pour huit mains signées Theodor Kirchner pour l'Opus 15, Paul Fiodorovitch Juon pour l'Opus 83. Au piano Florence et Isabelle Lafitte, à l'orgue Olivier Vernet (cathédrale de Monaco) et Cédric Meckler. L'envoûtante expérience du disque – remarquable prise de son d'Éric Baratin, équilibrant de manière idéale deux types de projection sonore foncièrement différents – ne saurait être reproduite en concert, ne serait-ce que par le positionnement nécessairement différent de chaque auditeur par rapport aux deux sources sonores. Celles-ci, distantes l'une de l'autre et à des hauteurs différentes, exigèrent au concert le port pour chaque musicien d'un casque Wi-Fi, retour son augmenté d'écrans vidéo à la console de l'orgue et sur le podium du piano, sous la tribune. Impossible pour le simple auditeur d'avoir seulement idée de l'aventure périlleuse que représente une telle entreprise… Le tout relayé par une régie digne de ce nom, avec caméras fixes et mobiles et retransmission sur très grand écran – fascinant. Avec pour résultat (nullement « naturel » mais fruit d'un labeur de plusieurs mois de mise en place) une synchronisation si maîtrisée que les musiciens en semblaient libres de se concentrer sur la seule musique. Si le disque, également enregistré en la cathédrale d'Angers, avait bénéficié d'un extraordinaire Grotrian-Steinweg spécialement venu de Hambourg, d'une beauté intrinsèque renversante, le concert se « contenta » d'un excellent Steinway. Formidable surprise : la percussion du piano, qui lui permet d'être toujours intelligible quelle que soit sa propre dynamique mais aussi celle de l'orgue, percussion qui dans une église va souvent de pair avec une désagréable dureté doublée d'un halo brouillant les lignes, trouva sous les voûtes de la cathédrale une acoustique quasi optimale, ample, chaleureuse et merveilleusement spirituelle, rehaussée par le jeu ardemment romantique, aussi intimement héroïque que lyrique, de Florence et Isabelle Lafitte. Un Concerto imaginaire permit entendre l'Allegro non troppo et l'Allegro appassionato (I & II) de l'Opus 83, puis – les Dames alternant au clavier, pas les Messieurs – l'Adagio et le Rondo (II & III) de l'Opus 15, les transcriptions partageant d'un côté le matériau soliste entre le piano et l'orgue, quand de l'autre le piano retrouvait son rôle de soliste exclusif accompagné de l'orgue-orchestre. Celui de la cathédrale fut traité avec un scrupuleux discernement – uniquement les jeux Cavaillé-Coll (1873), afin de rester dans l'univers d'époque –, sans renoncer à la puissance, par Olivier Vernet (huitième concert en ce lieu !) et Cédric Meckler, chevilles ouvrières du projet bien que physiquement moins sur le devant de la scène. Hormis le fait que l'on aurait aimé entendre les deux œuvres en entier (difficile, évidemment !), la beauté réellement transcendante et la ferveur si humainement vivifiante de cette musique firent presque sourdre l'angoisse… devant une fin nécessairement annoncée. Plus le programme avançait et plus l'émotion croissait, en une tentative désespérée d'intensifier et d'éterniser ce saisissement par une écoute aussi intense que possible. Rare moment de concentration absolue, manifestement ressenti de même par les quelque six cents personnes présentes – un triomphe. Le second concert, non moins singulier et délicieux au Grand Théâtre, ne pouvait que relativement « souffrir » d'une concurrence pour ainsi dire déloyale ! Nul ne s'étonnera qu'il ait fallu, dans un cadre magnifique mais plus temporel, quitter les cimes du Concerto imaginaire. Un autre piano d'exception avait pourtant fait le voyage d'Anjou et méritait amplement que l'on vînt à sa rencontre : un rarissime Pleyel Wolf & Cie de 1895, actuellement conservé à Guebwiller (Centre Culturel de Rencontre des Dominicains de Haute-Alsace) et superbement restauré en 2005-2006 par Paul Winnitzki et Eberhardt Wilhelm : un double piano, doté de deux claviers en vis-à-vis (une table d'harmonie mais deux jeux de cordes, sous un unique et grand couvercle rectangulaire) ayant notamment appartenu aux chansonniers Jacques Pills (époux d'Édith Piaf en 1952) et Georges Tabet. Programme tonique et élégant, mettant en exergue des qualités d'éloquence finement articulée et de raffinement, et cette sonorité si justement Pleyel. Beaucoup de délicatesse, également une forme de puissance, certes modérée et semblant ne pas vouloir tenir sur la durée : on est ici foncièrement dans l'univers inépuisable du détail ciselé, toutes les tessitures (notamment pour les parties intermédiaires) s'en trouvant subtilement valorisées. Sans doute le sympathique clin d'œil en manière de transition entre cathédrale et théâtre ne fut-il pas le plus convaincant : Poco allegretto de la Troisième Symphonie de Brahms transcrit pour deux pianos et huit mains, occasion de réentendre le quatuor du Concerto imaginaire, ici de part et d'autre d'une même source sonore. À cette transcription de Robert Keller, il manque tout simplement la vibration des cordes… de l'orchestre. Pur piano, ensuite, avec l'enchanteresse Petite Suite de Debussy par Florence Lafitte et Hélène Desmoulin, professeur au CRR d'Angers : à quatre mains, du même côté (gauche vu de la salle), de sorte que les aigus et le chant soient au premier plan (inversé pour le clavier de droite). Les mêmes offrirent ensuite l'inépuisable Scaramouche de Milhaud – disparu il y a quarante ans cette année –, suffisamment endiablé pour susciter l'enthousiasme et néanmoins racé sur ce Pleyel refusant tout excès : des basses qui ne grondent pas mais chantent, des dessus qui ne percutent pas mais sculptent avec une fulgurante clarté, le tout bénéficiant d'une mécanique manifestement légère et bondissante sous les doigts. Si la fondante mélodie de la Romance pour six mains de Rachmaninov fut digne de son auteur, le traitement sembla moins réussi – prétexte de bon aloi à entendre, sur le clavier de gauche, le Duo Lafitte et Hélène Desmoulin. Enfin couronnement du programme, signé Percy Grainger : Fantaisie sur Porgy and Bess de Gershwin, par le Duo Lafitte. Du grand piano, électrisant de panache comme de poésie, avec encore et toujours, sur ce Pleyel énigmatique par les effets qu'il autorise, une palette dynamique magnifiant une rythmique incandescente. Michel Roubinet, ConcertClassic.com (Juillet 2013)

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LE COURRIER DE L'OUEST

En juin 2013, les sœurs pianistes Florence et Isabelle Lafitte et les organistes Olivier Vernet et Cédric Meckler enregistraient, en première mondiale à la cathédrale d’Angers, les transcriptions pour orgue à quatre mains et piano à quatre mains des deux concertos pour piano et orchestre de Johannes Brahms. Un tour de force et de doigts tant la mise au diapason des deux instruments requiert temps, patience et technique. Le 3 juillet dernier, la cathédrale d’Angers retentissait de l’enfant musical qu’elle avait engendré. Et comme les voyages forment la jeunesse, c’est dans l’écrin somptueux de l’Orchestre philharmonique royal de Liège que nos quatre explorateurs de sons ont revisité leur singulière création. Après des heures de répétition (l’acoustique d’une salle n’est pas celle d’un lieu de culte, la « registration » de l’orgue est un travail de doux dingue), ils ont ravi les quelque 700 Belges et Français présents en ce dimanche de défilé pour la paix et la liberté d’expression. D’expressivité, de justesse et de densité, ils n’en manquèrent pas. Le rappel, en hommage aux victimes de la semaine en France, était bouleversant. Gwenn Froger, Courrier de l'Ouest (16 Janvier 2015)

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OUEST FRANCE

Le Printemps des orgues a créé l'événement jeudi soir avec deux concerts d'exception à la cathédrale et au Grand-Théâtre. Les deux pianistes, Isabelle et Florence Lafitte, Olivier Vernet, titulaire des grandes orgues de Monaco et Cédric Meckler, organiste docteur en médecine et en neurosciences qui travaille à l'institut de recherche biomédicale des Armées, ont effectué un long travail de transcription pour orgue et pianos, pour adapter les partitions retrouvées chez des collectionneurs. Des transcriptions d'époque de deux concertos de Brahms, opus 83 et 15 pour deux pianos et huit mains. Une création unique et exceptionnelle. Dans la cathédrale, le piano et l'orgue étaient tour à tour soliste ou orchestre, le piano pouvant s'exprimer clairement sans être écrasé par l'orgue. L'orgue soulignait le propos musical comme le ferait un orchestre. Les rôles s'inversaient, le piano devenait presque orchestral et l'orgue, vif et percutant. Mais c'est dans le concerto opus 15 que les interprètes ont pu se laisser à exprimer des émotions. L'abondance des couleurs musicales du concerto précédent laissait la place à un propos plus dense. Les artistes étaient servis par une acoustique remarquable. Un concert dans une cathédrale n'est pas facile. Il a fallu le savoir faire des techniciens pour obtenir un son d'une telle qualité. Au grand théâtre, un instrument insolite attendait le public. Un Pleyel à deux claviers, permettant une harmonie des sons qui a fait la joie de la virtuosité des quatre interprètes rejoint par Hélène Desmoulin, pianiste internationale angevine. Ouest France (7 Juillet 2014)

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LE MONDE DE LA MUSIQUE

Olivier Vernet continue ses pérégrinations sur la Route des Orgues. Ce projet ambitieux et persévérant nous fait découvrir des instruments sortants des chemins battus tout en explorant des œuvres aux frontières du répertoire. Dans ce volume XVIII, nous faisons étape à Lunel qui possède un Cavaillé-Coll d'une trentaine de jeux. Ses couleurs vives et chatoyantes, la personnalité de ses jeux solistes aux accents opératiques font écho à ses cousins éloignés italiens. Pourtant Olivier Vernet, jouant des paradoxes, accorde une large place à la musique romantique allemande avec deux œuvres à quatre mains, la Fantaisie en ré mineur de Hesse et un tableau champêtre de Berwald. Le résultat est surprenant. Prêtant un soin extrême aux détails, Olivier Vernet et son co-équipier Cédric Meckler donnent vie à ces pièces pittoresques d'une écriture souvent convenue mais que la vivacité de l'instrumentation dépoussière aisément. On vagabonde sans but et l'on finit par entrer en harmonie avec cette nature au visage apaisé. Guilmant, Franck et Lemmens se glissent sans incongruité dans ce paysage. Point de tutti ici, mais une apologie de la couleur et de la mélodie simple. Les Variations sur un thème original écrites par Denis Bédard, également pour quatre mains, concluent cette exploration d'un répertoire tonal et descriptif, qui n'écarte pas la danse, thème cher à Olivier Vernet. Il en ressort un disque simple d'accès qui réunit dans un esprit d'enfance aux intuitions innocentes et perspicaces, les répertoires allemands, français, romantiques et contemporains. David Loison, Classica (Mai 2015)

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Le duo Vernet-Meckler romantique sur le Cavaillé-Coll de Lunel : L’orgue Cavaillé-Coll de Lunel resplendit pleinement 160 ans après sa construction, grâce à de récents travaux excellemment réalisés. Ce disque en témoigne, grâce aux doigts et pieds experts d’Olivier Vernet et Cédric Meckler qui nous offrent un programme riche en découverte et apte à traduire toutes les couleurs de la riche palette sonore de ces beaux instruments romantiques français. En 1856, Aristide Cavaillé-Coll, aidé de son frère Vincent, lui-même installé à Nimes, construit un orgue prévu pour trois claviers et pédalier. Faute de moyens l’orgue reste inachevé, privé de son positif de dos et des jeux de pédale. D’autres orgues de la région avaient subi le même sort depuis Saint-Guilhem-le-Désert jusqu’à Saint-Paul de Nimes. D’essence romantique, dans cette période dite « de transition », l’orgue souffrait ce cet inachèvement. En 1994, la Manufacture des grandes orgues de Lodève, alors dirigée par Georges Danion construit à neuf les plans sonores manquants (Positif et Pédale), donnant enfin à l’instrument sa véritable dimension. Une nouvelle intervention salutaire de Jean-François Muno en 2011 puis en 2014 apporte une touche finale mais fondamentale dans l’épanouissement sonore de l’ensemble. Le programme musical a été judicieusement choisi pour mettre en valeur les qualités de cet orgue, issu de la première période créatrice de Cavaillé-Coll, romantique avant de devenir symphonique vers la fin du XIXe siècle. Outre certains auteurs français, logiques, qui nous offrent le paysage sonore habituel des offertoires, variations et autres pièces pittoresques comme le Carillon de Vierne, divers auteurs germaniques viennent en contre-point apporter un éclairage complémentaire et finalement indispensable à ce panorama. C’est là qu’intervient la technique du 4 mains qui sur un orgue encore ici de taille raisonnable, rempli l’espace et permet de découvrir un répertoire inédit et passionnant, souvent basée sur la belle polyphonie, chère aux Allemands. Le jeu des deux organistes est agréable à souhait, libre et facétieux par moments. La musique se déroule, charmeuse et attachante. L’acoustique large de la nef est pleinement rendue par la prise de son, au mieux de son équilibre, et au service de la couleur orchestrale de l’ensemble. Il faut louer enfin les efforts permanents de tous ceux qui autour de cet orgue depuis tant d’années ont permis d’atteindre ce résultat, si convaincant. Ce disque en est ici la meilleure des récompenses… Frédéric Munoz, ResMusica.com (6 Mai 2015)

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MUSIKZEN

La route des orgues passe à Lunel ; du Vernet dans la grande tradition : On ne compte plus le nombre d’enregistrements effectués par Olivier Vernet, et ceux à quatre mains pour orgue avec Cédric Meckler (neuropsychiatre et organiste de talent) atteignent déjà la dizaine : ils sont en harmonie jusque dans le coloris de leur chemise. Titulaire des orgues de Monaco, Olivier Vernet parcourt la France des orgues, ici celles de Lunel. Il y a dans cette ville proche de Montpellier un Cavaillé-Coll (dynastie de facteurs montpelliérains) dans son état d’origine, régulièrement « relevé » (démonté et nettoyé) jusqu’à tout récemment. Comme à son habitude, Olivier Vernet choisit des œuvres qui mettent en valeur l’instrument, car c’est bien au répertoire de s’adapter aux caractéristiques techniques de chaque orgue et non l’inverse ; avec ses compositeurs de prédilection (Franck, Guilmant, Vierne, et, pour les contemporains, Denis Bédard qui lui avait dédié ses huit méditations pour orgue à l’occasion de l’inauguration des orgues de Monaco). Comme toujours, le livret permet de tout connaître de l’instrument : le spécialiste sera comblé, l’amateur en recherche d’informations sur les œuvres et leurs auteurs restera sur sa faim. Comme toujours, l’interprétation est impeccable : Olivier Vernet figure assurément parmi les premiers de sa classe. Cette fois-ci, cependant, on regrettera une prise de son fortement réverbérée, un choix qui « passe » car l’essentiel des œuvres ne fait pas appel aux pleins jeux. Du Vernet dans la belle et grande tradition. Albéric Lagier, Musikzen (10 Mai 2015)

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RESMUSICA

Depuis quelques années, on salue avec bonheur la redécouverte des travaux de l’atelier Merklin, installé à Lyon au XIXe siècle. Le présent CD montre l’efficacité d’un petit instrument magnifiquement restauré, qui permet de mettre en valeur un répertoire injustement oublié, en particulier des œuvres à 4 mains. La commune de Commentry, dans l’Allier, possède un orgue de grande valeur dans son église du Sacré-Cœur. Un petit instrument de 10 jeux réels conçu par Joseph Merklin en 1875, qui a passé tant bien que mal les épreuves du temps. Un travail récent de restauration lui a redonné ses voix originales. Une étape qui fut délicate, car toutes les parties de l’orgue ont dû être passées au crible afin qu’elles puissent retrouver leur authenticité et leur efficacité. Un résultat remarquable dû à Jean-Christian Guerrier, qui a su retrouver l’esprit exact de l’univers sonore de Merklin. Le programme musical est passionnant par son originalité et la valeur artistique des pièces proposées. Plusieurs œuvres sont écrites pour 4 mains et, on l’imagine aussi, à 4 pieds. Après trois pièces à 2 mains de l’organiste Lefébure-Wély, fort connu sous le second Empire aux tribunes parisiennes de la Madeleine et de Saint-Sulpice, caractéristiques du style musical de l’époque bien souvent proche d’Offenbach, ce qui peut toujours étonner pour de la musique à destination religieuse, le duo Vernet/Meckler nous offre un Prélude et fugue d’un certain Emanuel Schönfelder. Ici la fugue est bâtie sur un thème de Hummel dans une solide structure de type germanique. On découvre aussi le suédois Mankell dans une Fantaisi (sic) évocatrice des ambiances et paysages nordiques. Après quelques pièces posthumes de César Franck, le programme s’achève avec une Prière de Louis Ganne et une œuvre d’Alexis Droy, commande de la ville de Commentry pour fêter les 10 ans de l’orgue Merklin et interprétée par l’auteur. Il s’agit d’une suite en trois mouvements sur le nom de Merklin (fa-ré-ré-mi-si-sol). Un Prélude fluide et volubile ouvre la suite de manière impressionniste, suivi d’un andante méditatif et inspiré, avec solo de flûte. Une Toccata apporte une conclusion jubilatoire et tourbillonnante jusqu’à la conclusion triomphante sur le tutti de l’orgue. Alexis Droy, lui-même aux claviers, conclut cet enregistrement dans la lumière de ce petit orgue de paroisse qui s’est fait grand grâce au génie de son concepteur et à l’inspiration sans faille de ses interprètes, un trio d’organistes au talent reconnu. Cet album porte le numéro 14 de la route des orgues proposée par le label Ligia, une route toujours aussi captivante, riche en découvertes et en surprises variées, dans l’attente de prochaines étapes… Frédéric Munoz, ResMusica.com (5 Novembre 2017)

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RESMUSICA

LE DUO VERNET-MECKLER AU SERVICE DE LA FAMILLE BACH Olivier Vernet et Cédric Meckler ont eu la bonne idée de réunir au disque plusieurs générations de la famille Bach dans un programme quasiment inédit de pièces à quatre mains conçues pour le pianoforte, le clavecin ou l’orgue. À la mort de Johann Sebastian Bach en 1750, ses fils composaient déjà dans un langage nouveau. Pendant que Carl Philipp Emanuel jetait les premiers jalons de la symphonie classique, avec son frère aîné Wilhelm Friedemann il écrivit des pièces charmeuses destinées à une petite horloge à flûtes dont Haydn, Mozart et Beethoven furent friands. Cet instrument automatique fonctionnait à l’aide d’un rouleau à la manière d’une boîte à musique, et à chaque heure résonnait une petite musique différente, d’une durée d’une minute environ. Le clavecin, l’orgue ou mieux encore le nouvel instrument nommé pianoforte qui pouvait fournir, comme son nom l’indique, toutes nuances grâce au toucher, furent les claviers de prédilection de ces musiciens. De ce fait, l’écriture n’est plus celle propre à l’orgue, avec ses contrepoints et sa polyphonie caractéristiques, mais basée sur le divertissement ou le récit accompagné, au service d’un discours de type profane, à distance de l’église. De nombreux organistes déploraient d’ailleurs la perte de la technique propre au jeu du pédalier, souvent remplacé par la technique du quatre mains, comme le montrent ici ces pièces originales. Le duo Vernet-Meckler a choisi l’orgue de Béthune, récemment édifié à l’image des grands instruments baroques de l’Allemagne du nord. On est frappé par la perfection de l’harmonie de cet orgue, c’est-à-dire par le son même, inspiré directement des vénérables instruments historiques du XVIIe siècle de la région de Hambourg. Toute une palette sonore s’offre à eux tout au long du programme. Chez les descendants du « père Bach », on retrouve un style pas si éloigné que cela d’un auteur à l’autre, révélateur d’une époque plus que de la parenté même des compositeurs. Tout ici est écrit pour charmer l’auditeur, jusque dans ces miniatures pour horloge à flûtes. Le « 4 mains » rend ludique le discours bondissant et virtuose. Arrivé au bout du récital, l’arrivée de Johann Sebastian ne passe pas inaperçue, avec cette audacieuse transcription de son Concerto brandebourgeois n° 3 adaptée par Ernst Naumann à la fin du XIXe siècle. On retrouve la même démarche que le même Jean Sébastien fit auprès de certains Concerti pour violon de Vivaldi. Une transcription souveraine, évidente et rehaussée par le Largo de la Sonate pour violon et clavier en sol majeur BWV 1019 en lieu et place de la simple cadence laissée par Bach entre les deux mouvements rapides. Le finale est une fête du son, de joie et de doigts. Le tempo est très vif, à un temps, rendu possible par une précision diabolique de la mécanique de l’orgue et du jeu virtuose des interprètes. Cédric Meckler et Olivier Vernet nous transmettent leur énergie au travers d’une intention joyeuse et inspirée. Pour une meilleure connaissance de la famille Bach, ce disque montre la richesse et le foisonnement d’une époque où tout passait par ces petits morceaux de bois, plus communément appelés claviers… Frédéric Munoz, ResMusica.com (13 Juillet 2018)

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CLASSICA

LE DUO VERNET-MECKLER AU SERVICE DE LA FAMILLE BACH Olivier Vernet et Cédric Meckler ont eu la bonne idée de réunir au disque plusieurs générations de la famille Bach dans un programme quasiment inédit de pièces à quatre mains conçues pour le pianoforte, le clavecin ou l’orgue. À la mort de Johann Sebastian Bach en 1750, ses fils composaient déjà dans un langage nouveau. Pendant que Carl Philipp Emanuel jetait les premiers jalons de la symphonie classique, avec son frère aîné Wilhelm Friedemann il écrivit des pièces charmeuses destinées à une petite horloge à flûtes dont Haydn, Mozart et Beethoven furent friands. Cet instrument automatique fonctionnait à l’aide d’un rouleau à la manière d’une boîte à musique, et à chaque heure résonnait une petite musique différente, d’une durée d’une minute environ. Le clavecin, l’orgue ou mieux encore le nouvel instrument nommé pianoforte qui pouvait fournir, comme son nom l’indique, toutes nuances grâce au toucher, furent les claviers de prédilection de ces musiciens. De ce fait, l’écriture n’est plus celle propre à l’orgue, avec ses contrepoints et sa polyphonie caractéristiques, mais basée sur le divertissement ou le récit accompagné, au service d’un discours de type profane, à distance de l’église. De nombreux organistes déploraient d’ailleurs la perte de la technique propre au jeu du pédalier, souvent remplacé par la technique du quatre mains, comme le montrent ici ces pièces originales. Le duo Vernet-Meckler a choisi l’orgue de Béthune, récemment édifié à l’image des grands instruments baroques de l’Allemagne du nord. On est frappé par la perfection de l’harmonie de cet orgue, c’est-à-dire par le son même, inspiré directement des vénérables instruments historiques du XVIIe siècle de la région de Hambourg. Toute une palette sonore s’offre à eux tout au long du programme. Chez les descendants du « père Bach », on retrouve un style pas si éloigné que cela d’un auteur à l’autre, révélateur d’une époque plus que de la parenté même des compositeurs. Tout ici est écrit pour charmer l’auditeur, jusque dans ces miniatures pour horloge à flûtes. Le « 4 mains » rend ludique le discours bondissant et virtuose. Arrivé au bout du récital, l’arrivée de Johann Sebastian ne passe pas inaperçue, avec cette audacieuse transcription de son Concerto brandebourgeois n° 3 adaptée par Ernst Naumann à la fin du XIXe siècle. On retrouve la même démarche que le même Jean Sébastien fit auprès de certains Concerti pour violon de Vivaldi. Une transcription souveraine, évidente et rehaussée par le Largo de la Sonate pour violon et clavier en sol majeur BWV 1019 en lieu et place de la simple cadence laissée par Bach entre les deux mouvements rapides. Le finale est une fête du son, de joie et de doigts. Le tempo est très vif, à un temps, rendu possible par une précision diabolique de la mécanique de l’orgue et du jeu virtuose des interprètes. Cédric Meckler et Olivier Vernet nous transmettent leur énergie au travers d’une intention joyeuse et inspirée. Pour une meilleure connaissance de la famille Bach, ce disque montre la richesse et le foisonnement d’une époque où tout passait par ces petits morceaux de bois, plus communément appelés claviers… Frédéric Munoz, ResMusica.com (13 Juillet 2018) C’est avec les fils et petits-fils de Bach que le duo Vernet-Meckler a souhaité enrichir son impressionnant répertoire discographique. Délaissant les fugues de Wilhelm Friedemann et les sonates de Carl Philipp, ils ont choisi comme angle d’attaque les œuvres à quatre mains pour clavier et le répertoire pour Flötenuhr laissés par la descendance du Cantor de Leipzig. Le résultat est enthousiasmant, baigné d’une légèreté et d’une élégance propre à la musique des Lumières et réservant de très beaux moments de grâce à l’image des trois miniatures pour orgue mécanique de Carl Philipp Emmanuel Bach ou encore du divertissement inédit de Wilhelm Friedrich Ernst. Pour faire sonner ces pages, les deux interprètes ont choisi le très germanique orgue Freytag/Tricoteaux (2001) de l’église St-Vaast de Béthune, petit bijou d’esthétique baroque créé en pays flamand dont les sonorités tour à tour pleines, aériennes et typiques donnent aux airs de chasse de Wilhelm Friedemann et aux duos de Johann Christoph et Johann Christian un caractère bien trempé. Aurore Leger, Classica (Septembre 2018)

cedric cédric meckler

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